La Terre se vide de sa vie sauvage…

Document Cécile Waligora

recommander cette page


L'Aube (source : C. Waligora)Vous avez forcément eu vent de cette information, copiée-collée d’un média à un autre… Je ne vais pas faire mieux. Mais il est nécessaire d’insister car le sujet vaut mieux qu’une brève intercalée entre tant d’autres à la télé ou à la radio ! Il s’agit d’un terrible indicateur de l’état de santé de notre planète. Fin septembre, l’ONG WWF a établi l’état des lieux de la biodiversité de la planète. Le constat est franchement effarant : en 40 ans seulement, plus de la moitié des animaux sauvages ont disparu ! Le WWF a analysé, entre 1970 et 2010, l’évolution de 10 380 populations de 3038 espèces de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons. Il en a tiré un indice qu’il nomme indice planète vivante. Celui-ci, pendant ce laps de temps, a ainsi chuté de 52 %. Je répète : 52 % !

Les zones le plus touchées sont l’Amérique Latine, suivie de près par l’Asie-Pacifique, ce qui ne veut pas dire qu’il ne s’est rien passé chez nous. C’est un déclin général et il apparaît que les espèces vivant en eau douce sont les plus touchées (-76 %) contre -39 % pour les espèces terrestres et marines. Le Fonds mondial pour la nature a bien sûr analysé les causes d’un tel déclin à forte responsabilité humaine : perte et dégradation des habitats, chasse et surpêche, changement climatique. Tout cela aggravé par une démographie humaine galopante. Tenez-vous bien : entre 1961 et 2010, la population mondiale a plus que doublé, passant de 3,1 milliards d’habitants à 7 milliards. Du coup, la biocapacité disponible [1]par personne c’est-à-dire la superficie disponible permettant d’assurer les biens et les services écologiques nécessaires est passée de 3,2 à 1,7 ha.Qu’en sera-t-il en 2050 et sa prévision de 9,6 milliards de terriens et en 2100 avec ses 11 milliards ? Bien entendu, dans son rapport, le WWF incrimine les pays les plus riches dont l’empreinte écologique est la plus forte. Il cite : « si nous vivions tous comme des Qataris, nous aurions besoin de 4,8 Terres, 3,9 en étant américain (du nord) et 1,4 si nous étions sud-africain. »

Pour en revenir à l’une des conséquences, le déclin de la biodiversité, je les cite encore, en guise de conclusion : « une tendance lourde qui ne donne aucun signe de ralentissement… courant à notre perte. » Des mots durs… sans équivoque ! Des planètes, on en a qu’une ! Désolée mais le monde merveilleux de la planète Pandora décrite dans le fameux film de J. Cameron, Avatar, n’est pas encore à notre portée. Pas encore…



Contact - Mentions Légales - Problème technique ?