Animaux composteurs

Victor Leforestier

Document Victor Leforestier

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Dans cet article Romain Loiseau nous présentait la ferme "Polyface" de la famille Salatin :
Entre les deux couches de paille ou de plaquette de bois et de déjections, du mais et de l’orge sont semés et laissés à fermenter.” “Après que les vaches soient retournées au pâturage à la belle saison, viennent les cochons qui occupent l’étable pour une quarantaine de jours. Ils remuent donc cette litière compactée qui peut aller jusqu’à 1,20 m de haut pour y trouver le maïs fermenté (dont ils raffolent). La litière anaérobie s’oxygène et le compostage peut alors commencer.

Lorsqu’ils sont à l’étable les cochons se nourrissent exclusivement des grains fermentés dans le fumier. Le maïs marche très bien, mais d’autres céréales peuvent être utilisées.

Afin de transformer le fumier en compost, ils utilisent le comportement fouisseur du cochon pour remplacer l’énergie fossile d’un tracteur et d’un retourneur d’andain. JPEG - 294.3 koJPEG - 310.9 ko

Dans le même style, Karl Hammer dirige Vermont Compost Company, une station de compostage qui utilise des poules pour retourner les tas ! Karl Hammer est producteur de compost et souhaitait produire des oeufs, sans avoir à acheter de grains pour nourrir les poules. Son compost consiste en un mélange de fumiers, de déchets verts, et de poubelles organiques. Le compost est déposé en andains et retourné lorsque nécessaires. Les poules interviennent au début de la phase de composte et se nourissent exclusivement de ce qu’elles trouvent en grattant et retournant les andains, et cela même en plein hiver tant que le tas dégage assez de chaleur pour faire fondre la neige. Les poules n’ont pas accès aux tas de composts matures, elle doivent rester travailler au début du compostage. L’action des poules est également bénéfique lorsque les matières premières du compost sont très carbonées, les fientes des poules au C/N faible participent à l’équilibrer. D’après K.Hammer ce n’est qu’à l’arrivée de la mécanisation en agriculture que l’on a commencé à cultiver du grain pour les volailles, les céréales récoltées à la main l’étaient principalement pour la consommation humaine, la volaille se nourrissant des déchets et de ce qu’elle trouvait elle même. Ses poules sont peut être moins productives que des "formules 1" en poulailler mais la qualité des oeufs et de la viande serait bien supérieure. (Les sous-titres en français sont disponibles : cliquer sur "sous titres" puis dans "paramètres" -> "sous-titres" sélectionnez "français")

Grâce à leur régime alimentaire, leur fouissage, leur grattage et leur "picorage", les poules de Karl Hammer et les cochons de Joel Salatin sont devenues des membre de l’équipe de compostage, presque des collègues de travail ! En tout cas ce sont des exemple de bien être animal et d’élevage low-cost où la production n’est pas seule responsable de la rentabilité d’un atelier mais également son service rendu à l’entreprise globale.



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