La perception des adventices par le maïs

Document Cécile Waligora

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Maïs en semis direct au Dakota (Dakota Lakes Research Farm)

Tout un chacun connaît l’effet de « compétition » des plantes entre-elles pour beaucoup d’éléments indispensables à leur existence : la lumière, l’eau, les éléments nutritifs. Je mets volontairement le mot compétition entre guillemets car, entre les plantes, il existe aussi de nombreuses relations positives mais ce n’est pas l’objet de mon propos.

L’équipe canadienne du professeur Clarence Swanton de l’Université de Guelph, en Ontario a porté son attention sur les relations qui existent entre une plante cultivée, le maïs et ses adventices. Ils ont ainsi pu démontrer que le maïs est capable de détecter la présence des « mauvaises » herbes avant même qu’il n’en subisse un impact physique négatif (contact, ombre). En fait, il capte les signaux lumineux émis par le feuillage et les tiges des toutes jeunes plantules. La qualité de la lumière rouge perçue lui indique le niveau « d’urgence »… Ainsi, ces signaux stimulent plus ou moins sa croissance mais pas celle de ses racines, plutôt celle de la tige et des feuilles, comme une course vers la lumière. Le maïs essaye ainsi, en captant très précocement ces signaux, de prendre de l’avance sur le développement des autres espèces.

Mais il y a un impact dans cette course : le maïs a délaissé ses racines et il va le payer. L’équipe canadienne a ainsi démontré qu’un maïs en train de lever et qui côtoie de l’amarante à raison de 0,5 plant par rang de maïs va voir son rendement amputé de 5 % (comparaison avec un maïs sans amarante mais surface étudiée non connue). Mais si l’adventice apparaît plus tard, après le stade 7 feuilles de la culture, celle-ci n’en est pas affectée. Depuis le temps qu’on rabâche aux producteurs qu’il faut contrôler les adventices très précocement, on sait vraiment pourquoi !



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