Brefs calculs au sujet du BRF


BRF apporté en surface dans une culture

En 2006, j’avais écris un article dans TCS sur les BRF, technique alors toute nouvelle : Le « bois raméal fragmenté », un outil pour doper les sols en matières organiques. Six ans après, il est utile de faire un petit retour sur cette stratégie qui provoque beaucoup d’enthousiasme et d’espoir.

Le BRF véritable, issu du broyage des branches et houppiers de moins de 7 cm de diamètre à un C/N de 50 (contre 60 pour les pailles de maïs et 80-100 pour celles du blé) : il ne faut pas le confondre avec le bois plaquette ou les écorces qui ont un C/N de 150 à 600 et ont de l’intérêt comme combustible et aucune utilité pour les sols agricoles et viticoles.

Les travaux de Benoît Noël en Belgique avaient montré que 100 m3 de BRF (une couche de 1 cm d’épaisseur sur le sol) produisait 7,5 t/ha d’humus. Je vous propose un petit calcul pour savoir quelle quantité d’azote est nécessaire pour que le sol digère cette matière et la ramène à un C/N de 10.

L’épandage d’un produit avec un C/N de 50 demande le prélèvement dans le sol de 4 " azotes " supplémentaires pour intégrer " les 50 carbones " au sol (1 + 4 N pour 50 C). L’épandage de 100 m3 de BRF correspond à un apport de 25 t/ha de bois sec (1), soit un épandage de 8 500 kg/ha de carbone et de 170 kg/ha d’azote. Pour digérer ce bois il faudra donc 170 x 4 = 680 kg/ha d’azote, soit 2 t/ha de solution azotée à 33% : avis aux amateurs ! On comprend pourquoi Benoît Noël recommandait des apports de BRF dans des luzernes qui peuvent produire de 800 à 1000 kg/ha d’azote en deux ans. Et que penser des recommandations d’épandages en vignoble à 400 m3/ha (2 700 kg/ha d’azote à rapporter) ?

Pour résumer :
Sans nier les réels intérêts du BRF pour les sols notamment en maraîchage (rétention d’eau et dopage de l’activité fongique, qui peuvent toutefois être réalisées plus simplement avec des mulchs de couverts annuels) il est nécessaire de rappeler que :
- Attention en agriculture ou viticulture biologique car l’azote y est coûteux ;
- Attention en agriculture de conservation car l’azote a déjà tendance à être réorganisé par le sol ;
- Attention d’apporter du " vrai BRF " sous peine de doubler ou tripler les besoins en azote ;

Et pour compléter, voici une étude technico-économique sur le sujet : Évaluation de la production de Bois Raméal Fragmenté (B.R.F.) à partir d’une coupe de peupliers issue d’une parcelle en agroforesterie


Documents joints

  • (PDF - 1.7 Mo)

Contact - Mentions Légales - Problème technique ?