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Voyage Horsch en Allemagne de l’Est


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Michael Horsch avait convié un groupe d’agriculteurs français à visiter et échanger avec des agriculteurs est-allemands considérés comme très performants.

Ferme de M. Lassen

Le voyage a commencé dans le Mecklembourg Vorpommern plus précisément sur l’île de Rügen chez M. Nils Lassen, responsable de l’exploitation de Nordsaat. Cette exploitation est spécialisée dans la multiplication et les essais variétés et on y obtient des rendements record. L’île est reliée par un pont à la ville de Rostock. Selon la nomenclature allemande des sols, les limons sableux y sont moyennement fertiles (40 points en moyenne sur un maximum de 100) mais ont une réserve utile de 200 mm. La situation géographique est excellente pour la production de céréales et de colza malgré des précipitations de 520 mm en moyenne annuelle. Le climat y est relativement doux, jamais trop chaud et la durée des jours est longue lors de la phase de remplissage des grains. Les rendements moyens obtenus en 2009 étaient de 57 q/ha en colza et 105 q/ha en blé (avec 20% de blé sur blé). Avec des pointes à 130 q/ha en blé. Par contre en betterave, les rendements sont faibles et plafonnent à 60 t/ha (température peu élevée en été et manque d’eau).

Leur recherche permanente a pour but d’utiliser au mieux les potentiels en présence en assurant la pérennité de la productivité et de la fertilité des sols. La pression foncière est forte et les fermages élevés. Les baux vont de 1 à 12 ans avec une moyenne de 9 ans (fermage moyen 280 € avec des pointes à 450 €). Les dégâts principaux sont dus aux oies, cygnes et grues cendrées car l’île est une étape dans leur migration et une personne est occupée tout l’hiver à essayer de les déplacer vers des zones aménagées ou elles sont nourries. Pratiquement toute la récolte est séchée car le mois d’août est pluvieux avec 81 mm de pluie en moyenne.

La moisson commence fin juillet pour se terminer fin Août et les colzas doivent être semés avant le 25/08 ce qui donne des pointes de travaux très importantes. Le semis des blés est terminé pour le 25/09. Pendant ces périodes le travail se déroule 24h sur 24 afin d’utiliser au mieux les potentialités du matériel.

Les essais mis en place avec le nouveau semoir HORSCH Focus TD, permettent la fissuration, la fertilisation sous semis et le semis en un passage dans un laps de temps restreint entre la moisson et les semis de cultures d’automne

Il n’y a donc pas d’interculture ni de levée d’adventices entre le travail du sol et le semis. Les volumes de paille étant énormes (10 à 11 t/ha, chaumes compris), le semis direct n’est pas envisageable. Après la récolte un travail du sol est effectué entre 10 et 15 cm pour répartir, mélanger la paille et conserver l’humidité du sol (toujours en biais).

On passe ensuite une dent strip-till à 25 ou 30 cm de profondeur. On dépose de l’engrais en profondeur puis on referme le sillon avant de semer sur la zone travaillée. Ainsi le pivot va se développer dans une zone où il n’y a ni motte, ni paille, ni pierre. Les engrais sont à disposition exactement au bon endroit dans une zone où l’eau ne manque pas. Le semis est effectué à 30 gr/m² avec un objectif de 20 pieds/m² à la récolte. Les résultats sont très encourageants et les blés seront semés avec la même technique en doublant le nombre de pieds. Ils espèrent par cette méthode améliorer l’efficacité de l’engrais et augmenter leurs rendements.

Autres fermes

Une autre exploitation du secteur utilisant la même méthode reçut notre visite et c’est une visite d’essais avec différentes doses, sans engrais, sans déchaumage etc. qui a retenu notre attention. L’agriculteur fait partie d’un groupe existant depuis 1947. On y entre par cooptation (genre CETA). Toutes les données économiques et techniques sont obligatoirement mises en commun. Ceci leur permet de progresser ensemble. Celui qui refuse de donner des informations est exclu d’office (les données restent strictement confidentielles). Pour la culture du blé, un déchaumage est fait derrière le colza ou le blé. Ensuite le semis est effectué en combiné après un passage de Tiger HORSCH à 25 cm.

Pour cet agriculteur ce travail est nécessaire pour diluer et répartir la paille, car le climat ne permet pas une décomposition rapide des résidus. Ensuite direction le Sachs Anhalt pour visiter l’exploitation de Schackenthal (3 850 ha) exploitée par 5 associés. Les rendements y sont aussi très élevés grâce à des sols excellents (78 points en moyenne) mais les fortes chaleurs et le manque d’eau peuvent faire varier le rendement de manière plus importante. L’exploitation est aussi spécialisée dans la production de semences de pois qu’elle trie et prépare pour l’expédition. Le matériel est de taille imposante et piloté par GPS RTK occupé 20 à 22 h sur 24.

La préparation du sol en profondeur et le semis sont faits en même temps sur la parcelle (les sols sont légers) avec un Tiger HORSCH qui est suivi par un Pronto DC HORSCH tiré par le même tracteur. Il n’y a pas de traces de roues, le semis est régulier et un maximum d’humidité est conservé. Les projets ne manquent pas et il est prévu d’investir dans une installation de biogaz fonctionnant avec du lisier de porc et des fientes de poules attenants. Ainsi la chaleur serait utilisée pour les élevages, l’électricité vendue et les résidus utilisés sur la ferme pour la fertilisation. Ce dernier projet vu son importance serait réalisé grâce en partie à des investisseurs extérieurs. Nous en avions déjà plein la tête mais en soirée nous eûmes une conférence du docteur Schönberger patron de NU Agrar, société de conseil en agronomie qui conseille sur 1 million d’ha et effectue des essais sur 7000 parcelles. Il nous donna quelques informations sur la culture du colza avec strip-till, et sur la protection du blé. Comment entre autres limiter l’effet rendement de certains désherbants. La conclusion fut qu’une plante bien nourrie résiste mieux aux stress et devient moins rapidement malade qu’une autre.

Le lendemain fut consacré à la visite de la société WIMEX qui au départ faisait de l’élevage industriel de poulets de chair et de la reproduction et sélection. A la chute du mur ils purent reprendre une exploitation de 6 500 ha prés de Magdeburg afin de mieux maîtriser leurs coûts d’alimentation. Continuant à investir ils ont développé une activité légumière culture et négoce, ils ont continué à développer leur activité poulets de chair et en sont le premier producteur en Europe.

Ils ont aussi une centrale de biogaz utilisant la fiente de poule en milieu aqueux associée avec du maïs. Là aussi pas de pertes, le résidu est utilisé comme engrais et la chaleur chauffe les poulaillers. Un ensemble de panneaux photovoltaïques occupe les toits des poulaillers et les pistes d’un ancien aérodrome militaire Russe vont être couvertes par 180ha de panneaux (investisseur extérieur). M. Wagner l’un des actionnaires principaux nous a expliqué que la diversification devrait leur permettre de mieux résister aux crises qui secouent régulièrement le marché du poulet.

Le voyage se termina par une visite éclair de Berlin avant le retour vers la France.


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