Réfléchir à l’envers


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- Mon Dieu que cela fait du bien de revoir un peu le soleil. Avec tous ces dérèglements climatiques, je trouve que l’hiver sur ma ferme a été très long, les nuages étaient un peu trop omniprésents et je finissais même par me demander s’ils n’allaient pas me tomber sur la tête.
Allez, c’est l’été, finie la grisaille, les frissons du matin disparaissent au profit de ces bouffées d’air chaud qui nous parfument d’un air si bon, les plantes photosynthétisent à bloc pour nous offrir un air purifié chaque matin, les fleurs des plantes sauvages réveillent notre odorat, quel plaisir de vivre à la ferme...
J’arrête ici le supplice pour vous et je vais essayer d’être plus sérieux, mais vous allez devoir prendre une position très cool pour décrypter ma pensée. C’est l’été, vous êtes allongé sur la plage, les doigts de pieds en éventail et la newsletter de l’AEI dans les mains. Des mouettes noires et blanches tournent dans le ciel bleu, vous vous laissez bercer par le cliquetis des flots...
Vous profitez de ce petit moment de répit pour imaginer un monde meilleur, un autre monde où finalement on ne passerait pas du temps à résoudre des problèmes, mais plutôt à réfléchir pour éviter que ces problèmes n’arrivent...

- Je vous propose donc de « réfléchir à l’envers ».

J’ai découvert il y a quelques mois cette superbe vidéo de Allan Savory qui nous explique comment il a réussi à reverdir le désert avec ses éléphants  !!!
Evidemment, à la 1ère lecture, cela décoiffe un peu et mon petit cerveau n’a pas tout compris, j’ai donc revisionné son intervention pour mieux comprendre comment « une gestion moderne » de son parc animalier conduisait au désastre. Il a ensuite essayé de désintensifié son élevage mais le mal était enrayé, comme s’il avait provoqué un déséquilibre irréversible, la solution n’était donc pas là. J’aimerais beaucoup faire venir Mr Savory en France pour profiter de ses compétences d’homme « sage » , ou peut-être Greg Judy qui comme Allan, a beaucoup appris de l’observation de la nature, des plantes, du comportement des animaux.
A écouter ces 2 types, je me demande vraiment pourquoi il y a toujours des gars pour nous vendre de la poudre de perlinpin, ces produits chimiques très utiles pour augmenter la production de quoi que ce soit mais si dangereux si on en abuse.
- Vous allez rire, je suis tombé la semaine dernière sur un article de Cécile Waligora qui s’est intéressée aux « bousiers » . Elle a confié les crottins de ses chevaux qu’elle soigne avec amour à un entomologiste afin qu’il les compare à ceux de chevaux élevés en semi-liberté. Le constat fut édifiant, la bouse du cheval élevé avec amour est malade, elle est carencé en biodiversité !!!, presque dépourvue d’insectes coprophages qui n’ont pas apprécié les vermifuges censés protéger le cheval. Ne paniquons pas, le cheval de Cécile va bien mais la bouse qu’il dépose au sol n’est pas saine , et le sol va avoir beaucoup de mal à la digérer tellement elle va être dure à attaquer. L’énergie que le sol va déployer pour faire disparaître cette fameuse bouse ira au détriment de la production d’herbe pour le cheval, on va donc mettre un peu d’azote pour relancer la pousse de l’herbe.
« Stop Philippe, arrête les conneries et réfléchis à l’envers, n’oublie pas que tu es ce que tu manges !!! »
Comme j’ai un amour inconsidéré pour les vers de terre, je vais faire attention à mon alimentation, j’éviterais de manger du cheval vermifugé de façon à ce que la décomposition de mon corps soit facilitée par mes anéciques qui portent si bien leur nom, les intestins de la terre.
La fin de mon récit approche, votre voyage aussi, les mouettes qui tournaient au dessus de vous se sont bizarrement transformées en colombes et l’une d’elle vous rapporte une feuille d’olivier, les vacanciers autour de vous ont muté en cochons, vaches, oiseaux, papillons...
- « Relevez-vous capitaine Noé, vous pouvez maintenant descendre de votre Arche pour construire un monde meilleur ».

Philippe Pastoureau,
éleveur de vers de terre,
administrateur de l’association AEI

PS : J’ai écrit ce petit texte pour la newsletter de l’AEI qui est envoyé seulement aux membres de cette association. Ce texte se veut un peu loufoque et imaginaire, je remercie Michel Griffon et Bruno Parmentier qui me permettent de m’adresser à des gens qui ont beaucoup plus de connaissances que moi, dans l’espoir qu’un jour ces écrits facilitent les décisions de nos dirigeants. J’espère également par ce texte faire venir Mr Savory, à suivre...

Bonne vacance...


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