Maîtriser la sante pour assurer la pérennité


Élevage de Pascal et Bénédicte AUBRY (53)

36 ha :
- Colza 5 ha
- Blé 5 ha
- Orge 8 ha
- Maïs 7 ha
- Luzerne 11 ha

150 truies :
- 4 bandes avec auto-renouvellement
- Sevrage 21 jours
- Environ 4 000 porcs produits/an

Après 20 ans d’installation, les crises porcines successives ont forgé le caractère de Pascal AUBRY qui aujourd’hui assume pleinement ses choix techniques : « C’est en plein épisode MAP (maladie d’amaigrissement du porcelet) que j’ai démarré le TMA, il y a 10 ans. J’avais 20 % de mortalité. Comme les résultats sanitaires se sont rapidement améliorés, j’ai persisté et le TMA est toujours incorporé à 1 % dans toutes les formules truies, porcelets et charcutiers. »

Les aliments sont tous en « formules FAF » à la carte chez un fabricant indépendant, avec des exigences particulières notamment pour les charcutiers vendus en direct à des bouchers indépendants (de 800 à 1 000 porcs/an valorisés à 1,50 € le kg de carcasse). L’incorporation de lin et d’antioxydant naturel permet une teneur minimale en oméga 3, ce qui devient un atout supplémentaire en vente directe.

Depuis fin 2010, l’élevage s’est réorganisé avec l’arrêt de 600 places d’engraissement à façon à l’extérieur. Elles ont été remplacées par la vente de porcelets de 25 kg à prix fixe à un partenaire engraisseur. « C’était devenu une nécessité économique, vu le niveau des cours. Heureusement que nos performances techniques sont bonnes. En 10 ans, on est passé de 19 à 25,4 porcs vendus par truie présente. La mortalité s’est stabilisée à 1 % en PS et 2 % en engraissement. L’amélioration des frais vétérinaires aujourd’hui à 85 €/truie/an est importante malgré les vaccins mycoplasme er iléite, alors qu’auparavant il y avait eu une pointe à 180 €. Avec la stabilité de l’état sanitaire, le temps de travail nécessaire à l’élevage a aussi été réduit d’un tiers.  »

Le concept TMCE est aussi appliqué rigoureusement sur tous les sols et cultures conduits en non labour depuis 12 ans. Les rendements 2010, malgré la sécheresse (30 qx en colza, 85 qx en blé, 93 qx en orge) témoignent de la bonne fertilité des sols. « J’ai quasiment toute la surface en une seule parcelle mais avec des zones humides qui m’empêchaient de passer en sortie d’hiver. Maintenant, grâce à la bonne structure et à la porosité, ça passe partout sans marquer la terre même avec une tonne à lisier. Avec ce qu’on voit sous nos pieds, si quelqu’un a besoin de vers de terre pour aller à la pêche, il ne sera pas nécessaire de retourner une grande surface », ajoute Pascal avec un brin d’ironie.

La luzerne, inhabituelle chez les éleveurs de porcs, a produit 13,8 tonnes de MS/ha et sert d’excellente tête de rotation pendant 4 ans. Elle est vendue directement, après déshydratation, à des éleveurs laitiers voisins également utilisateurs TMCE.

Visiblement, Pascal AUBRY prend du plaisir à communiquer sur sa technique et ses résultats, et sera ravi d’accueillir des agriculteurs fin mai pour une porte-ouverte TMCE organisée par Samuel BASLE, son technicien, avec qui il partage le même objectif de pérenniser les performances technico-économiques.


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