Fusarioses dans les céréales

A. Blum, AGRIDEA Lindau ; A. Chervet, Service de la protection des sols du canton de Berne ; H.-R. Forrer, S. Vogelgsang, Agroscope Reckenholz- Tänikon ART ; F. Schmid, fenaco Winterthour -



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LES FUSARIOSES font partie des principales maladies en céréaliculture. En Suisse, on cultive des plantes hôtes des fusarioses, soit blé, triticale et maïs, sur environ 160 000 ha (60 % des terres ouvertes). Cette accumulation, en combinaison avec des rotations chargées en céréales et en maïs, favorise les infections par les fusarioses.

En plus de pertes importantes de rendement et de qualité, les fusarioses engendrent une charge en produits métaboliques toxiques (mycotoxines) qui mettent en danger la santé des hommes et des animaux.

Aspects de la maladie

Les infestations sur épis sont les plus courantes et elles présentent différents symptômes : épis partiellement blanchis (échaudage partiel), parfois avec des dépôts de spores d’une couleur orangé à rose sur les épillets, mais également des symptômes sur des épillets isolés ou des glumelles nécrosées, comportant un centre blanchi et un bord foncé (cf. photos). La moisissure des neiges (autrefois associée à tort à Fusarium nivale, aujourd’hui décrite comme Microdochium nivale) provoque des symptômes sur épis mais également sur feuilles, toutefois sans formation de mycotoxines.

Complexe de fusarioses et déroulement de l’infection

Les fusarioses sur épis sont provoquées en Suisse par différentes espèces de fusariums. L’espèce de loin la plus courante est Fusarium graminearum (FG). Les infections par FG interviennent la plupart du temps à partir de résidus végétaux de la culture précédente (p. ex. maïs, céréales) restés à la surface du sol (cf. graphique). Les spores libérées à partir du début et jusqu’à la fin de la floraison, transportées sur les épis par le vent ou les éclaboussures de pluie, sont particulièrement dangereuses. Si les conditions météorologiques leur sont favorables, les spores peuvent germer et pénétrer à l’intérieur de la plante.

Mycotoxines

Les fusarioses forment différents métabolites. Les toxines les plus fréquentes sur céréales sont le déoxynivalénol (DON) et la zéaralénone (ZEA), formées par FG et F. culmorum. Le DON entraîne un refus d’ingestion du fourrage ainsi qu’un affaiblissement du système immunitaire alors que la ZEA a des effets sur les œstrogènes. Pour ces deux mycotoxines notamment, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), en adéquation avec la législation de l’UE, a édicté des valeurs limites au 1.4.2008 (www.mycotoxines.ch> Législation et expertises).

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