Eco-mulch, Lemken, Grégoire Agri

Frédéric Thomas, TCS n°47, mars / avril / mai 2008 -

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TCSiste chevronné, J.-C. Renaudat (18) jongle avec les implantations de céréales entre l’épandage au DP12 suivi d’un ou deux passages de herse et son SD 4 000. Si le premier est extrêmement efficace, il n’est pas applicable dans toutes les conditions et nécessite plusieurs déchaumages avant le semis pour éliminer repousses et salissement. Quant au second, s’il évolue bien en présence de résidus et de couverts, les risques de glaçage de sillon en sols argileux et d’incorporation de paille restent courants.

Très influencé par les modes de semis pratiqués au Canada où il se rend assez souvent, J.-C. Renaudat réfléchit, avec son collègue E. Bazin (45), depuis plusieurs années au semoir à dent. Ainsi, depuis deux ans, ils travaillent sur un prototype rassemblant toutes les idées qu’ils ont pu collecter, tout en essayant de contourner les principaux défauts de ces machines à savoir essentiellement les bourrages. Sur ce semoir hybride, chaque élément est monté sur un parallélogramme afin de pouvoir épouser les variations de terrain et les axes sont bagués pour mieux résister dans le temps. La pression est maintenue par un système de boudins en caoutchouc bridés sur l’axe avant bas. La profondeur est assurée par une roue qui peut être métallique ou pneumatique fixée sur chaque élément. Positionné légèrement décalé et proche de la dent, son rôle est aussi de happer les résidus longs qui pourraient s’accumuler. De plus, un montage astucieux avec des rondelles excentriques permet de lui donner un léger angle pour un ripage latéral qui améliore son effet. Même si cette roue est solidaire de la dent avec une possibilité de réglage grâce à deux positions (semis classique et semis profond), l’ajustement de la profondeur se fait en jouant sur l’inclinaison de la branche verticale du parallélogramme qui supporte la dent en raccourcissant le lien supérieur : un réglage centralisé qui sera hydraulique en option. Ainsi en faisant pivoter la dent, la hauteur entre la pointe de la dent et la base de la roue varie automatiquement.

Dual Way Eco-mulchEnfin, la fermeture du sillon est assurée, d’un côté par la roue de jauge qui repousse un bord du sillon et de l’autre, par une roulette étroite en matériau composite peu sensible au collage et dont la pression est réglable individuellement. Au final, comme cette roulette est montée avec un peu de jeu latéral, elle a tendance à glisser pour appuyer en partie le centre du sillon. La dent, droite et rigide, est quant à elle équipée d’un soc agressif étroit qu’il sera possible d’adapter en fonction des souhaits et conditions de semis. À l’intérieur de celui-ci, les graines sont lâchées sur un système de cascade qui permet d’évacuer l’air et homogénéiser le dépôt des graines au fond du sillon.

La dernière innovation est le positionnement d’un disque crénelé devant chaque dent. Travaillant avec un léger angle, son objectif n’est pas de couper les résidus mais de racler la surface et d’en pousser une bonne partie sur le côté pour ouvrir une bande de 3 à 4 cm de large afin de faciliter le passage de la dent. Outre la limitation des bourrages, ce dispositif fluidifie l’évacuation des résidus et évite la formation de « tampons » de paille qui, souvent, caractérisent les semis avec ce type de machine. En fait, pour optimiser son action, ce disque vient frôler, lors du travail, la pointe de la dent. Il est aussi monté avec des boudins de caoutchouc bridés, son angle est réglable, comme sa position latérale. Proposé en option, ce dispositif est, en fonction des conditions et des résidus, escamotable.

Enfin, les dents sont écartées de 45 cm sur trois rangées distantes de 120 cm pour un espacement entre lignes de 15 cm afin d’obtenir un dégagement optimum pour une machine qui reste cependant compacte. Ce semoir, nommé DW (Dual Way : meilleur des deux mondes), qui se veut un semoir de SD, ne devrait pas exiger une grosse puissance (90 CV suffisent pour la version 3,5 m lors des premiers essais). Il sera également proposé en 4 m et 6 m repliables et s’il n’a pas encore beaucoup tourné, son concept novateur pourrait bien faire progresser le débat entre les semoirs à dents et les semoirs à disques dans les années à venir.


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