C’est la fin des haricots...

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Le titre est suffisamment évocateur pour que vous deviniez la suite... En effet, j’ai attrapé une indigestion de haricots, je ne sais pas ce qui s’est passé, sans doute que en dégustant un succulent poulet de Loué accompagné de mes haricots de plein champ, il se pourrait qu’un résidu soit accidentellement arrivé dans mon assiette pour ensuite se retrouver coincé dans mon œsophage..... Attention DANGER .....

Rappel de l’année 2010

- Haricots de printemps derrière prairie :

Oignelet Prairie

- Haricots de printemps derrière un couvert de seigle ou féverolle

Longueray 2010

- Haricots tardifs en double culture de haricots

Longueray Tardif

- Mon 1er essai de haricots derrière prairie n’a pas été concluant, le haricot pousse très vite et il doit donc très rapidement trouver les éléments nutritifs pour se développer afin d’avoir une récolte homogène, ceci est possible avec des apports conséquent en chimie ou avec un travail intensif du sol qui va beaucoup minéraliser .
- Les résultats ont été meilleurs sur l’autre parcelle , et surtout derrière le couvert de fèverolle qui a sans doute permis un relarguage important d’azote. Au passage , je vous joins un petit lien vers un forum qui nous explique que ce ne sont pas les légumineuses qui captent l’azote de l’air, mais les bactéries que celles-ci développent. Cependant, j’indique tout de même qu’une partie des haricots sont restés au sol ( environ 1 t/ha) car les machines ont cueilli un peu plus haut que d’habitude en raison des résidus posés au sol. On voit ici que l’agriculture de conservation n’est pour l’instant pas compatible avec les chaines de nettoyage des légumes.
- Pour les haricots tardifs, ce fut la misère... L’hétérogénéité de la levée m’a causé des soucis de désherbage et des amarantes blitum ont mal été maitrisé par l’herbicide racinaire que j’ai appliqué ( Mercantor) en raison des résidus sur le sol qui ont fait écran. Ceci va avoir des répercussions graves puisque le retrait du Flex Pack me retire toute solution de rattrapage... Cette forme d’amarante étant rampante , je ne l’ai pas vu et elle ne m’a pas empêché de dormir jusqu’à la récolte. Sauf que une fois les machines dans le champ, cette petite mauvaise herbe a stoppé net la récolte !!! Les circonstances ont fait que les machines sont arrivées de nuit et nous sommes rentrés dans le champ avec une belle gelée blanche, ceci rend difficile le triage des déchets et ma petite amarante se brisait comme du verre en donnant des brindilles de tailles identiques aux haricots, ce qui a pour conséquence de rendre le triage en usine impossible ( même en ralentissant la cadence, les robots ( et oui, nous sommes en 2010) ne trie pas mieux). Conclusion, j’aurais du labourer... Les jours qui vont suivre ressemble étrangement à cette petite histoire :

C’est l’histoire d’un gars, qui tourne et se retourne dans son lit, cela fait des nuits qu’il ne dort pas.
Sa femme, a force de le tarabuster, finit par lui faire avouer qu’il a une echéance de 15000 euros pour le lendemain et qu’il n’a pas le premier sou pour la payer.
Il est 3 heures du matin. elle se lève, prend le téléphone et appelle le fournisseur.
Allo ! monsieur N ?
Oui !
Mon mari doit vous payer 15000 euros demain, il n’a pas le premier sou pour vous payer. Je vous souhaite une bonne nuit.

Elle revient dans la chambre et dit a son mari : tu peux dormir, maintenant c’est lui qui ne dort plus.

- Il n’y a aucune raison que je fasse des essais pour réduire l’utilisation de chimie, et que je mette en danger ma trésorerie. Tout le monde aujourd’hui parle de Durable et repeint en vert ses façades, encore faut il assumer ses actes. Je comprends les industriels qui n’ont pas le droit à l’erreur sur la qualité de leurs produits alimentaires, et qui comme nous subissent le durcissement de la réglementation sur l’utilisation des produits chimiques. Mais si on ne fait pas d’essais, on ne va pas trouver de solution pour pouvoir demain produire plus avec moins. Je crains à la lecture de l’article ici que certains ne cherchent des solutions ailleurs.

- Heureusement pour moi, je travaille avec un négociant qui connait les valeurs humaines, il a défendu mon dossier et j’ai évité le pire. La morale de cette histoire est que nous apprenons tous les jours, c’est sur les échecs que nous trouvons des réponses, il me reste donc à progresser doucement mais sûrement. Je vais donc recentrer mon assolement sur les cultures que je maîtrise bien , tout en continuant à faire des essais mais sur des parcelles ou l’engagement financier est raisonnable.

- Si un jour vous mangez des haricots en conserve et que vous retrouvez dans votre assiette une brindille provenant d’une mauvaise herbe, soyez tolérant et dites vous que les haricots que vous mangez contiennent peu ou pas de désherbants........



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