Blé, enjeux et perspectives


JPEG - 139.9 koQuels sont les enjeux de la production de blé ? A la fois céréale à haute valeur nutritive, plante « porte-bonheur », symbole de fertilité et objet de spéculation ? Le blé, céréale « ensoleillée » vieille comme le monde, peut-il encore nourrir l’humanité ? Le potentiel de découvertes à venir peut-il permettre des avancées décisives dans le respect de l’homme et de l’environnement, pour un « plus » et « mieux » produire au service de l’homme et de son « mieux-être » ?

Le saviez-vous ? Les plus lointaines traces de cueillette et d’utilisation du blé datent d’il y 12 000 ans ! (blé sauvage dans le Croissant Fertile). L’ancêtre commun de toutes les variétés serait l’engrain sauvage (triticum monococcum) retrouvé en Mésopotamie et en Asie du sud-ouest. Depuis la nuit des temps l’histoire du blé est étroitement liée à celle de l’humanité. Dès la plus haute antiquité, cette céréale « ensoleillée » constitue en effet la base de l’alimentation humaine du fait de sa très haute valeur nutritive.

Les tous premiers procédés de panification – ou premières galettes à base de blé – datent de 3000 ans avant notre ère (Egypte). Au-delà de sa haute valeur nutritive, le blé est aussi une céréale à haute valeur symbolique.

Dans la Rome Antique, les grains de blé traditionnellement jetés sur les jeunes mariés étaient censés assurer aux époux une grande et belle descendance (fertilité). Ce geste qui a traversé les siècles ne peut manquer d’être relié à celui « auguste » du semeur. Par sa régularité, sa noblesse, sa précision de balancier, il évoque la mesure du temps qui s’écoule, l’inaliénable succession des saisons, le temps des semailles suivi de celui des récoltes et par-dessus tout l’Homme intégré à la Nature

Et ce n’est peut-être pas le fruit du seul hasard si cette céréale à haute valeur nutritive, hautement symbolique s’est avérée lors de la crise mondiale de 2007 au cœur d’une spéculation à nulle autre pareille ! L’expression populaire « se faire du blé » étant significative à cet égard.

Le blé aujourd’hui Cette plante annuelle mesure de 60 cm à 1,20 m de haut selon les variétés. Les épis sont formés de groupes de fleurs (épillets) comportant chacun 3 à 5 fleurs. Chaque épi de blé porte au moins 45, parfois 50 ou 60 grains d’une taille d’environ 6 mm oscillant entre le jaune pâle et l’ocre roux (selon les nombreuses variétés).

Le blé d’hiver ou blé tendre sert à faire la farine panifiable, tandis que le blé dur sert à fabriquer les semoules, les pâtes et autres couscous. Le blé qui s’adapte à des sols et climats variés est considéré comme une culture « facile » (pas de décorticage). En volume de production (2009/2010) le blé est la quatrième céréale mondiale derrière la canne à sucre, le maïs, et le riz (statistiques mondiales calculées par le Conseil International des céréales).

Ses épis, très convoités constituent 19 % des apports caloriques pour l’espèce humaine et font l’objet d’un commerce particulièrement intensif. Le blé est en effet le produit le plus échangé au monde. Depuis 1950, les progrès techniques et une innovation constante dans les méthodes de production ont permis une augmentation spectaculaire des rendements : multipliés par 2,7 entre 1961 et 2005. Cette augmentation correspond en grande partie à une demande de plus en plus forte liée à un changement des habitudes alimentaires dans les pays émergents qui consomment davantage de viande et de céréales.

Blé de demain Alors comment faire augmenter les rendements moyens à l’ha en combinant une meilleure utilisation des intrants « classiques » (fertilisants et phytosanitaires), dont les prix augmentent pour certains et dont l’utilisation est de plus en plus contrôlée ? Du fait de cette réalité à la fois géographique et économique, le blé est l’objet d’attentions multiples notamment au plan scientifique (recherches sur le génome…).

Mais les recherches en cours et à venir et les nouvelles méthodes et techniques, permettront-elles des avancées décisives pour un « plus » et « mieux produire » dans le respect des lieux très variés où elle s’exerce ? Les sécheresses aux Etats-Unis et en Russie présagent une mauvaise récolte cette année. Avec à la clé une pénurie possible et une flambée des prix qui profitera aux agriculteurs céréaliers, mais désavantagera les éleveurs…


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