Horsch France

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Au Brésil, ils sortent le pulvé vingt fois par an ! Les résistances se développent

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Michael Horsch, est le dirigeant de l’entreprise allemande de matériel Horsch. Il donnait une conférence en Mayenne le 22 novembre, auprès d’agriculteurs et d’entrepreneurs.
Propos recueillis par Rémi Hagel pour l’Avenir Agricole n°1776, novembre 2016.
La nature veut de la diversité.” Ce n’est pas un “Khmer vert” qui le dit, mais un fabriquant de gros outils de travail du sol. “Au Canada, on a réalisé un monstre : un semoir de 24 m, de 80 t, à 800000 $.” L’agriculteur s’embourbe, il n’en veut plus, mais à (...)

Michael Horsch, est le dirigeant de l’entreprise allemande de matériel Horsch. Il donnait une conférence en Mayenne le 22 novembre, auprès d’agriculteurs et d’entrepreneurs.

Propos recueillis par Rémi Hagel pour l’Avenir Agricole n°1776, novembre 2016.

JPEG - 54 koLa nature veut de la diversité.” Ce n’est pas un “Khmer vert” qui le dit, mais un fabriquant de gros outils de travail du sol. “Au Canada, on a réalisé un monstre : un semoir de 24 m, de 80 t, à 800000 $.” L’agriculteur s’embourbe, il n’en veut plus, mais à qui le vendre ? Peut-être en France ?” On sourit. “Pendant trente ans, j’ai produit des systèmes modernes, que j’ai mis en avant, mais j’ai contribué à réduire la diversité. Sauf qu’un jour, la nature reprend ses droits.” Lui qui voyage cite des exemples à la pelle : “Partout où ils cultivent plus de 50 % de blé dans la SAU, ils pleurent. Les résistances se développent. Au Brésil, il y a dix ans, ils sortaient le pulvé deux fois par an, aujourd’hui c’est vingt fois par an ! Les pesticides ont de moins en moins d’efficacité. Dans le Nebrasaka, il restait des cannes de maïs pas décomposées six mois après la récolte. Depuis qu’ils utilisent des OGM, et traitent beaucoup, il n’y a plus de bactéries dans le sol. Les pratiques sont devenues trop extrêmes. Tous les cultivateurs que je rencontre réfléchissent à s’adapter.” Il prédit que les surfaces en blé vont diminuer en Europe de l’Ouest.

Michael Horsch réalise cette “autocritique”, mais reste optimisme. “On est allé trop loin,
mais cela permet de se rendre compte de nos limites, comme pour les enfants.” Il ne va
pas arrêter son métier pour autant : “Je vais continuer à construire des machines larges,
mais plus légères.” Il invite à s’intéresser à l’agriculture de conservation, promue par Frédéric Thomas. “Cette thématique est de plus en plus une réalité.” Il avoue que “les Allemands viennent en France pour apprendre.

Heureux sans OGM

“Soyons heureux de ne pas avoir démarré les OGM chez nous.” Il l’affirme au regard des dégâts qu’il a constatés en Amérique. Il le dit aussi par rapport au marché. “Ce n’est pas nous qui déterminons ce qui est bien : c’est la nature, et c’est le consommateur. Pourquoi Monsanto a été vendu à Bayer ? Parce que leur modèle économique est foutu. Les chaînes européennes de supermarchés ont forcé Monsanto à vendre : elles ne veulent plus
d’OGM. Leur volume d’achat est de dix milliards d’euros. Le pouvoir de l’Internet et du
consommateur augmente.” En Californie, les jeunes ingénieurs de la Silicon Valley ont réussi à “mettre une platine de verre dans la poche de tout le monde, même d’un vieux comme moi” décrit-il, son téléphone portable à la main. “Toutes les cinq minutes, je vérifie s’il y a un message. A mon avis, cela ne fait que démarrer. Ces jeunes vont faire des propositions à des milliards de consommateurs. Et ils vont réussir à changer nos habitudes alimentaires, selon ce qu’ils considèrent plus sain : moins de viande, moins de lait, moins de sucre. Ce sera surtout auprès de ceux qui ont 10-20 ans, mais cela aura un impact rapide sur la manière dont nous produisons.” Cela peut être accueilli comme une mauvaise nouvelle, mais selon lui, mieux vaux aller de l’avant que de ne rien faire. “Nous aurons des chances à saisir !”


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HORSCH ouvre un nouveau chapitre du semis direct

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HORSCH n’a jamais perdu de vue les produits qui ont forgé son ADN depuis plus de 30 ans : les premières sorties du Seme-Exact ont marqué les esprits. Pour rappel, l’épopée commence en France, en 1983 lorsque Michael Horsch vend son premier semoir de semis direct à la ferme de la Lucine désormais siège de la filiale HORSCH France. Il poursuit ensuite sa réflexion dans les années 2000 en s’attachant à développer des solutions concrètes de semis direct destinées à des exploitants des pays de l’Est. Afin de (...)

JPEG - 79.4 koHORSCH n’a jamais perdu de vue les produits qui ont forgé son ADN depuis plus de 30 ans : les premières sorties du Seme-Exact ont marqué les esprits. Pour rappel, l’épopée commence en France, en 1983 lorsque Michael Horsch vend son premier semoir de semis direct à la ferme de la Lucine désormais siège de la filiale HORSCH France. Il poursuit ensuite sa réflexion dans les années 2000 en s’attachant à développer des solutions concrètes de semis direct destinées à des exploitants des pays de l’Est. Afin de s’adapter au terroir et aux habitudes de travail, la dent est privilégiée. En Amérique Latine, pour limiter l’érosion des sols, il commence à réfléchir aux semoirs de semis direct à disques.

L’Europe de l’Ouest ne retourne à ces pratiques de semis que très tardivement alors que de nouveaux besoins voient le jour. La conception de l’Avatar est née de la formulation de ces attentes et d’un partage d’expériences entre agriculteurs français. Lors d’un voyage en Afrique du Sud en janvier 2015, Jean Paul Kihm, Alan et Florent Renard, tous trois associés exploitants en Haute-Marne ont rencontré Michael Horsch. Autour d’une table, après des discussions constructives sur les problèmes de graminées résistantes apparus en Angleterre et en France, le concept de l’Avatar est né.

Jean Paul Kihm raconte la genèse du projet : « A l’occasion de notre rencontre avec Michael Horsch, nous avons évoqué les problèmes détectés sur notre exploitation. Nous constatons depuis quelques années des problèmes d’efficacité des produits phytosanitaires sur les vulpins et le Ray-Grass. En effet, nos conditions pédoclimatiques nous obligent à travailler sur des rotations très courtes blé/orge/colza, avec de nombreuses cultures d’hiver, ce qui favorise le développement des adventices. Simultanément, nous avons dû faire face à une seconde problématique : des résidus de produits phytosanitaires ont été mis en évidence sur un captage d’eau potable située à proximité de certaines de nos parcelles. L’Agence de l’Eau nous a donc demandé de modifier nos pratiques culturales. En partant de ces deux constats, augmentation des résistances et nécessité de diminuer notre Indice de Fréquence de Traitement (IFT), nous avons eu besoin de mettre en place un itinéraire cultural permettant de limiter la levée d’adventices, notamment de graminées, sans avoir recours à des traitements supplémentaires. Selon Michael, de nombreux agriculteurs en Angleterre rencontrent les mêmes problèmes. Ces observations ont conduit notre réflexion vers un semoir qui perturbe très peu le sol et qui laisse un interrang suffisant pour faire éventuellement du désherbage mécanique de rattrapage. Il devait par ailleurs avoir un pouvoir de pénétration suffisamment important pour travailler en sol argilo calcaire superficiel ou tassé et devait être capable de s’adapter aux reliefs marqués de nos parcelles. C’est ainsi que le principe de l’Avatar est né.  »

L’Avatar 12SD a été conçu selon cette ébauche imaginée par les agriculteurs français, mais il répond à d’autres exigences comme l’explique Jean Paul Kihm : « nous voulions garder un très bon débit de chantier tout en ayant la possibilité de diminuer la vitesse pour assurer une bonne régularité de profondeur lors du dépôt de la graine. La largeur de travail de 12 mètres répondait à cette demande. »

AVATAR TOUR

HORSCH annonce le lancement officiel de son nouveau semoir de semis direct, l’Avatar. Présenté officiellement à Innovagri du 06 au 08 septembre 2016, vous pourrez le retrouver dès le mois de septembre près de chez vous à l’occasion de démonstrations publiques effectuées au cœur de votre région.

Testé dans différentes conditions, l’Avatar a été mis à l’épreuve dès l’été 2015 dans des itinéraires culturaux et des types de sols très variés. En semis sous couvert et en semis direct, la conception de l’élément semeur SingleDisc associé à l’effort de terrage élevé ont permis une implantation des cultures dans les ebook qui seront toutes deux mises à jour.meilleures conditions. Sur sol préparé, la large roue de contrôle de profondeur a permis d’assurer un excellent contrôle de la profondeur pour
un débit de chantier équivalent à un Pronto de même largeur. En semis de printemps sur couvert ou sol nu préparé à l’automne, les orges de printemps implantées sur différents types de sols sont aujourd’hui sont récoltées et donnent un rendement satisfaisant au vue de l’année très particulière que viennent de vivre les agriculteurs. Pour s’adapter à tous les contextes d’utilisation, la gamme Avatar est développée autour de deux concepts de machine. Le premier est classique avec deux
rangées d’éléments semeurs et un châssis en 3 parties repliable verticalement qui sera étendu jusqu’à 8 m. Le second est un concept grande largeur unique sur le marché, développé autour d’une remorque semoir double cuve et une rampe de semis en deux parties composée d’une rangée d’éléments semeurs, repliable horizontalement le long de la machine. Il permet une largeur au transport inférieure à 3 m pour 12 m de travail, voire plus dans l’avenir.

Pour connaître les dates et lieux de démonstration, rien de plus simple : il suffira de consulter régulièrement cette actualité ainsi que notre page Facebook qui seront toutes deux mises à jour. Vous pouvez par ailleurs demander à être contacté dès publication des dates et lieux via ce formulaire : http://www.horsch.com/fr/avatar_tour_2016/

Les dates prévisionnelles :
- AVATAR TOUR SUD-OUEST - Du 14 septembre au 01 Octobre 2016 :
14/09 : Démonstration CUMA à Montferrand Seves (32) sur la thématique des couverts végétaux ; 22/09 : Journée d’implatation de couverts à la coopérative de Vivadour (32) ; 28 et 29/09 : Mécamaïs
- AVATAR TOUR EST - Du 12 au 30 septembre 2016
- AVATAR TOUR NORD-OUEST - Du 03 au 17 octobre 2016
- AVATAR TOUR NORD - Du 10 au 21 octobre 2016


Vulpin résistant, utiliser tous les leviers

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Le vulpin résistant est un problème grave en Grande-Bretagne. Ce phénomène prend également de l’ampleur dans certaines régions de France et d’Allemagne. Dick Neale, directeur technique et conseiller auprès du négociant Hutchinsons, a expliqué les stratégies gagnantes de lutte contre le vulpin lors des dernières journées Pro en France.
Mes cinq années de recherche sur le thème du vulpin. Derrière ces recherches, il y a aussi plus de 35 ans de collecte de données. Cette présentation porte (...)

Le vulpin résistant est un problème grave en Grande-Bretagne. Ce phénomène prend également de l’ampleur dans certaines régions de France et d’Allemagne. Dick Neale, directeur technique et conseiller auprès du négociant Hutchinsons, a expliqué les stratégies gagnantes de lutte contre le vulpin lors des dernières journées Pro en France.

Vulpin résistant, utiliser tous les leviers Mes cinq années de recherche sur le thème du vulpin. Derrière ces recherches, il y a aussi plus de 35 ans de collecte de données. Cette présentation porte essentiellement
sur les points principaux et non sur ceux travaillés individuellement sur chaque exploitation. Tout d’abord, il faut comprendre pourquoi nous rencontrons de tels problèmes avec cette graminée en Grande-Bretagne. Les causes principales, bien
connues par beaucoup d’autres agriculteurs européens, sont :
- L’objectif principal des agriculteurs est purement tourné vers la marge sur coûts variables et les cultures d’hiver – à savoir, le blé – sont privilégiées.
- Pour des raisons traditionnelles elles sont toujours semées en septembre. A cette période justement, 80 % du vulpin est en position de germination.
- La production est très fortement dépendante de l’utilisation d’herbicides. Or, il existe un choix limité de matières actives, ce qui favorise la résistance. Prenons le résultat d’une parcelle, comme le montre la photo n°1. Ici, on constate une pression du vulpin de 700 pieds au m². Chacun d’entre eux a un potentiel de 100 graines. Il y a donc un risque d’ensemencement de 70 000 graines au m². Cependant, la lutte contre cette menace peut être menée avec des herbicides pour un coût de 190 euros par hectare. L’efficacité d’un herbicide est d’environ 70 %, comme le montre la photo. Le rendement sur cette parcelle est de seulement 1,5 T/ha. La photo 2 montre la même parcelle deux années plus tard, sans vulpin, alors que le poste herbicide est resté constant. Comment cela est-il possible ?

La clé du succès dans la lutte anti-vulpin est de connaître la biologie et de bien savoir l’utiliser. Dans ce domaine voici les principaux facteurs :
- Le vulpin se développe de préférence sur des sols lourds et humides.
- Le degré de germination est influencé par la météo (avant tout par l’alternance
de périodes plus froides et plus chaudes).
- Les sols compactés favorisent la germination.
- 80% des graines germent en septembre et octobre. Tout dépend naturellement
de la météo.
- 5% des graines germent en avril-mai.
- De juin à début août, il n’y a aucune germination, peu importe les efforts
que vous entreprenez pour combattre le vulpin. A mon avis, cela n’a rien à voir
avec la météo mais plutôt avec le fait que les exsudats racinaires d’une forte
population de vulpin suppriment la capacité de germination de nouvelles
plantes de vulpin ou d’autres espèces. On appelle cela l’allélopathie. Celle-ci
utilise des cultures comme l’avoine, le seigle et l’orge contre le vulpin. On peut
également observer l’effet avec des cultures intermédiaires, comme le radis
oléagineux.

Sur une parcelle d’essais dans le comté de Cambridge, on peut très bien visualiser le degré de pression du vulpin, selon le type de sol. Sur les terres lourdes et humides, il se développe fréquemment, alors que sur les sols moyens et légers, il n’apparait pratiquement pas. Cependant, il est possible de transporter des graines vers d’autres zones de la parcelle grâce au travail du sol ou à la moissonneuse-batteuse. Ici, le ‘’domicile’’ naturel du vulpin occupe 44 % de la parcelle. Dans cette zone, on ne doit en aucun cas semer en septembre, alors que cela est possible sur le reste de la surface. Il y a encore quelques années, on aurait pu croire que quelque chose n’avait pas fonctionné avec le pulvérisateur. Maintenant, nous savons, que tout se passe au niveau du sol.

La génétique du vulpin varie d’une exploitation à une autre. Il se développe
de façon individuelle en fonction de la rotation. En conséquence, chaque agriculteur doit découvrir comment il doit travailler le sol et quels herbicides sont efficaces sur son exploitation. Pour cela, chaque expérience revêt un caractère important. Le vulpin germe plus facilement lors d’années chaudes et sèches, comme le montre l’image 3. Cependant, environ 70 % du vulpin germe aussi en conditions optimales. Pour une germination moyenne de 30 %, nous avons dans tous les cas un problème sur plusieurs générations.

Si l’on prend en compte nos parcelles d’essais, voici un exemple tout à fait simple : 30 % de germination de 70 000 graines par m² constitue une réserve de 50 000 graines pour le futur. Si l’on prend le taux théorique de 5 % de germination en avril/mai, cela fait 3 500 graines du potentiel initial. Cela peut représenter un problème pour les cultures de printemps. Certains agriculteurs se posent la question de savoir si ce vulpin est sélectionné pour ne germer qu’au printemps. La stratégie à appliquer est de déplacer le moins possible de sol au printemps, afin de stimuler le moins de graines possible. Pour les cultures d’hiver : avant tout semis, le vulpin doit être maîtrisé au maximum par un herbicide total. Un autre avantage du semis tardif est que l’herbicide peut être utilisé avec plus d’efficacité en conditions de sols humides.

L’image 4 montre les influences de différentes techniques de travail du sol sur le réservoir de graines dans le sol. Un travail superficiel à 5 cm maximum
de profondeur permet la germination du vulpin, qui peut ensuite être combattu. Lors d’un travail plus profond ou d’un labour, les graines sont enterrées dans les couches inférieures du sol. Dans cet environnement, l’activité biologique est réduite, si bien que les graines survivent plus longtemps. Une des propriétés positives du vulpin est que la graine peut être très vite inactive, que ce soit par un effet parasitaire ou lors d’un compostage par exemple. Cependant, il reste suffisamment de graines actives.
Par sa manière de travailler le sol, l’agriculteur définit où il veut positionner son futur réservoir de graines.

Dans l’idéal, c’est en surface. L’agriculteur a alors une visualisation immédiate de la pression du vulpin. Il peut ainsi prendre les décisions importantes, comme la date de pulvérisation et l’herbicide à utiliser. L’exemple d’un agriculteur de ma région montre ce que l’on ne doit pas faire. Malgré tous les bons conseils, il sème comme d’habitude en septembre sur labour préparé. Naturellement, il subit une
forte pression de vulpin. L’an passé, il a décidé de semer une culture de printemps sur la parcelle concernée. Il n’a pas fait le choix d’une orge de printemps comme la plupart de ses collègues le font pour maîtriser à court terme le vulpin. Il a décidé de semer une betterave sucrière, parce qu’il a spéculé sur de meilleurs prix. Le résultat fut tout autre, aucune betterave n’a réussi à lever, dû à une énorme
pression du vulpin.

La mise en place d’une culture de printemps peut aussi aider, mais en aucun cas,
elle ne doit être dictée par le choix d’une meilleure marge. Augmenter le nombre de cultures de printemps n’est définitivement pas l’unique solution pour résoudre le problème du vulpin à long terme. De la même manière, le retournement du sol
tous les deux ans, qui peut certes aider, ne constitue pas la bonne réponse à long terme. Encore une fois : le vulpin germe de préférence en surface. Une des solutions
pourrait être de laisser faire la nature et attendre. Il est cependant conseillé de lui
offrir les meilleures conditions de germination. Un travail superficiel et avant
tout un roulage peuvent y contribuer. Si l’on observe bien, il faut reconnaitre que la nature nous aide. En Grande Bretagne, nous avons connu de très fortes précipitations en août dernier. Nous avons ainsi pu économiser un travail du
sol et se contenter d’un roulage. Comme nous le constatons sur la photo 5, lorsque l’on a 70 000 graines dans le sol qui germent de manière optimale, il faut traiter cette population élevée avant qu’elle ne produise des graines supplémentaires.

La présence de résidus abondants ne pose pas de problème. Bien au contraire, la paille stimule l’activité du sol et équilibre l’humidification en été. A l’automne, en hiver et au printemps, elle maintient la température du sol. C’est bien la technique de semis qui doit être adaptée au semoir et non l’itinéraire technique, surtout lorsque le semoir doit déplacer le moins de terre possible. Lors d’un travail du sol superficiel, un simple passages ne suffit pas, il faut privilégier deux ou trois passages à grande vitesse. Ainsi, le vulpin a une meilleure germination. Les fourrières ne doivent pas être ‘’sur-travaillées’’, puisqu’elles le sont déjà par les manœuvres. Pour les cas extrêmes, il peut être judicieux de ne rien faire du tout, le mouvement de sol dans les fourrières peut suffire.

Il y a beaucoup de discussions sur les résistances aux produits phytosanitaires. Effectivement, le risque existe avec tous les herbicides. Nous avons une parcelle sur
laquelle nous avons traité 19 fois du glyphosate au cours des 4 dernières années. Jusqu’à ce jour, nous n’avons pas remarqué une baisse d’efficacité (photo 6).

Striptill : à ce sujet, il y a encore peu de résultats. Cependant en colza, il peut être avantageux de ne travailler que les bandes de semis. Le vulpin en germination est alors géré par un herbicide.

Guide pratique de la lutte contre le vulpin :
- Utilisez les résultats scientifiques.
- Comprendre votre sol. Comment se comporte-t-il face aux conditions humides et face à la sécheresse ? Quelle est l’interaction entre les racines, les plantes et la macrofaune du sol ? Quelle est l’influence de mon travail du sol ?
- Utilisez-vous vos connaissances biologiques du vulpin pour le combattre ? Lorsqu’il apparaît, savez-vous comment va-t-il réagir face aux moyens que vous
mettez en œuvre ?
- Utilisez-vous les effets positifs d’une rotation élargie et d’une interculture ?
- Résoudre votre PROPRE problème.
- Comment faire pour empêcher la reconstitution de réservoirs de graines ?
- Changez votre assolement. Semez des cultures de printemps. Si cette décision
n’est pas accompagnée par d’autres moyens pour lutter contre le vulpin, elle
ne résoudra pas tous vos problèmes !
- Soyez actifs dans l’amélioration de votre sol avec le drainage, la rotation, les variétés et les couverts végétaux, une préparation de sol superficielle, les densités de
semis et la diversification MAIS, ne commencez pas par le mauvais bout, parce que vous pensez que cela doit être simple. Travaillez du haut vers le bas. Faites vos propres expériences. Il n’est pas écrit que les méthodes de vos collègues fonctionnent également chez vous.


Horsch, retour au semis direct - Article de TCS paru en août 2015

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Même si cela peut surprendre, Michaël Horsch n’est pas que concepteur et constructeur de machines agricoles, il est avant tout un agriculteur. L’ouverture de l’Est après la chute du mur en 1989 lui a permis, ainsi qu’à sa famille, de confronter et de mettre en œuvre son savoir-faire et ses équipements tout en affinant ses stratégies. Ainsi, son regard, son analyse et son action ont toujours été orientés vers la recherche d’efficacité pour les grandes exploitations. Précurseur en matière de simplification (...)

Même si cela peut surprendre, Michaël Horsch n’est pas que concepteur et constructeur de machines agricoles, il est avant tout un agriculteur. L’ouverture de l’Est après la chute du mur en 1989 lui a permis, ainsi qu’à sa famille, de confronter et de mettre en œuvre son savoir-faire et ses équipements tout en affinant ses stratégies. Ainsi, son regard, son analyse et son action ont toujours été orientés vers la recherche d’efficacité pour les grandes exploitations. Précurseur en matière de simplification du travail du sol il y a 30 ans avec le Seme-Exact, aujourd’hui c’est la gestion du salissement et le développement d’une approche globale intégrant la localisation du trafic qui le ramènent au semis direct.

Du Seme-Exact de 84 en passant par le delta Sem et le soc Duett (PPF) jusqu’au Terrano et au Focus (forme de strip-till), c’est la recherche de solutions à la fois efficaces, sécurisées et cohérentes agronomiquement qui aiguillent M. Horsch. Même si son entreprise, toujours en pleine croissance, l’accapare beaucoup, il a su garder son œil d’agriculteur. La gestion de ses exploitations agricoles en ex-Allemagne de l’Est et République tchèque challenge ses réflexions et permet d’affiner ses stratégies agronomiques. C’est cette confrontation entre l’épreuve du terrain et l’industrie qui lui permet la conception et le développement de solutions techniques pertinentes. Il montre encore cette détermination en s’attaquant au monde de la pulvérisation où il n’hésite pas à bousculer les conventions en proposant de réduire fortement les risques de dérive en rapprochant la pulvérisation de la cible. Il suffit de rapprocher les buses et concevoir un système de gestion de hauteur de rampe proactif qui suit la végétation à moins de 25 cm. Pour ce qui est du travail du sol, Horsch s’est efforcé de proposer des solutions pour la réduction des interventions et des coûts de mécanisation.

Dans cette optique, le semis direct a toujours été à l’étude et un dispositif de parcelles de comparaison de pratiques sur l’exploitation familiale de Schwandorf en Bavière a permis d’acquérir de solides références. Il montre que dans ces conditions spécifiques et sans changements périphériques, c’est l’approche TCS à 20 cm qui est la plus performante en apportant une sécurisation, voire un léger gain de rendement tout en procurant des économies de mécanisation (25 l/ha d’économie de carburant en comparaison au labour). Cette notion est d’ailleurs un point très important dans un monde où le prix du foncier comme des intrants nécessite la proposition d’itinéraires sécurisés, notamment avec des tailles d’exploitation importantes.

Apprentissage de la culture du maïs

Avec l’acquisition d’une ferme en République tchèque en 2002, M. Horsch fait son apprentissage de la culture du maïs en terre argileuse. De cette expérience va ressortir le strip-till mais aussi l’idée qu’il est important de localiser le trafic. Avec la reprise d’une autre exploitation au nord de Prague avec également des terres très argileuses, il investit définitivement dans la localisation de la circulation de toutes les interventions avec une planification bien calée par parcelle entre pulvérisateur (36 m), travail du sol et semoir (12 m). Cette nouvelle expérience lui permettra de comprendre et ensuite démontrer que c’est avant tout les roues et le trafic, notamment en terre argileuse, qui exige de retravailler le sol pour recréer une porosité précaire et encore plus facile à refermer lors du passage suivant. Dès lors, si la circulation des outils est bien calée sur moins de 15 % de la surface (objectif de seulement 10 %), le sol conserve son organisation structurale et sa porosité. La suppression du travail profond devient alors possible et le semis direct envisageable. Il est d’autant plus intéressant qu’en CTF (Control Trafic Farming), il faut être capable de travailler et surtout semer avec des outils de largeur équivalente à la coupe de la moissonneuse-batteuse pour faciliter l’alignement des passages.

Le salissement « graminées » et les résistances se développent

Le second élément de réflexion vers le SD est la situation du salissement en Allemagne du Nord et les autres grands pays céréaliers de l’Est. Les graminées, comme chez nous en France, se sont bien installées et font de la résistance. Les coûts de désherbage deviennent trop élevés et certaines impasses apparaissent. Même si les rotations sont un peu étriquées, il est de plus en plus clair que ce n’est pas vraiment le travail intensif du sol qui est la solution. Au contraire, il apparaît qu’une stratégie de non-perturbation du sol au moment du semis, opération qui déclenche des levées, est plus adaptée pour réduire le risque graminées : un autre élément favorable au semis direct. C’est donc une forme d’approche globale s’appuyant sur la localisation du trafic et la diminution du risque salissement graminées toujours en association avec une recherche d’efficacité et réduction des coûts de production qui conduisent aujourd’hui M. Horsch à s’intéresser de nouveau au semis direct. Avec sa force de communication et de nouveaux outils adaptés, il risque certainement de faire avancer positivement ce dossier au niveau européen, voire de changer les perceptions de beaucoup d’agriculteurs et de techniciens.

Développement et premiers essais d’un semoir de SD

Après la conception d’un premier élément de semis pour le SD en 2013, Horsch a construit un prototype de semoir en 2014 qui a travaillé à l’automne dernier en Haute-Marne afin de tester et valider les options envisagées. Après ce premier tour de disques, deux nouvelles machines, avec les derniers aménagements, vont tourner cet été et cet automne dans le même secteur, mais aussi chez certains clients ailleurs en France. L’idée est de confronter les choix techniques à des conditions différentes. En parallèle, d’autres semoirs du même type seront testés au Danemark et en Allemagne.

Le monodisque s’impose

Afin de limiter la perturbation du sol tout en gardant un bon contrôle de la profondeur de semis, la solution du monodisque s’est imposée de fait. Tout en reprenant les grandes lignes du JD 750, largement éprouvé, M. Horsch et son équipe l’ont adapté afin qu’il réponde à leur cahier des charges et injecté leur savoir-faire en matière de construction d’équipements. Le bras de support sera en acier moulé afin de lui donner plus de rigidité. À l’avant il est fixé sur un carré par un système de brides et plots en caoutchouc. Ce choix maintenant bien éprouvé apporte beaucoup de fiabilité mais aussi joue bien le rôle de ressort/amortisseur afin de stabiliser simplement et individuellement chaque élément au travail. La pression de pénétration, réglable hydrauliquement en cabine, est possible en faisant pivoter le carré de support sur lui-même. Elle devrait pouvoir atteindre 200 kg/élément. Pour ce qui est du disque ouvreur, le constructeur allemand a choisi un grand diamètre (480 mm) afin de mieux progresser dans les résidus mais l’angle de travail a été réduit d’un petit degré (6 au lieu de 7 sur le JD 750), toujours pour limiter au maximum la perturbation au semis. La roue de jauge qui lui est accolée est d’un diamètre inférieur (400 mm) et assez large (115 mm) afin d’être aussi efficace dans la maîtrise de la profondeur en sol préalablement travaillé (déchaumage post-récolte) comme en semis direct strict. Enfin et toujours pour des raisons de fiabilité, le palier du disque est aussi d’un grand diamètre (65 mm), à bain d’huile et avec 2 roulements à rouleaux coniques afin de mieux encaisser les efforts latéraux. La rasette de semis, accolée au disque a été également légèrement affinée pour les mêmes raisons. Elle est protégée par deux plaques de tungstène et est réglable en hauteur par rapport au disque (3 positions). Enfin et comme sur l’original, la graine est arrêtée et imprimée dans le sol par une roulette qui suit dans le sillon. Celle-ci est cependant munie d’un décrotteur et elle est escamotable si les conditions de semis ne permettent pas son utilisation. Ensuite le sillon est refermé par une roue latérale dont il est possible de régler la pression (3 positions).

Au-delà de ces éléments, l’originalité de la ligne de semis direct Horsch est l’intégration d’un chasse-résidus à l’avant. Cette option n’est pas encore vraiment finalisée dans sa forme mais elle est certainement utile pour dégager les pailles des lignes de semis notamment devant colza ou pour semer les couverts dans les chaumes juste après la récolte. La localisation de la fertilisation est également intégrée afin de compenser la non-minéralisation par le travail au semis. Le semoir sera équipé de deux trémies avec un positionnement de l’engrais dans le même sillon. Pour l’instant seule la version engrais solide a été envisagée. Enfin le châssis, qui n’est pas encore complètement finalisé, sera fixe et supportera les trémies et les éléments semeurs rétractables hydrauliquement. Par contre Horsch a déjà intégré dans le design l’intégration de masses de lestage sur la flèche et à l’arrière des trémies. Même si ce prototype n’est pas encore complètement finalisé, il est déjà très fonctionnel et va parfaitement s’insérer dans la stratégie globale définie par le constructeur/agriculteur allemand. Il affirme enfin la volonté de M. Horsch d’investir le marché frémissant des semoirs de semis direct.



Verdissement et Focus TD, des opportunités croisées

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Le séminaire annuel de la société HORSCH s’est déroulé en mars dernier. Le rendez-vous était organisé à la salle des fêtes de Rieden, non loin du siège de Schwandorf. Lors de cet évènement, dont la fréquentation est croissante, deux sujets majeurs ont été abordés : « les cultures intermédiaires. Une simple contrainte réglementaire ou un outil de développement ? » et « 10 ans de fissuration ciblée et de fertilisation localisée, les frais d’apprentissage sont payés ! ».
Michael Horsch a inauguré le séminaire en (...)

JPEG - 122.3 koLe séminaire annuel de la société HORSCH s’est déroulé en mars dernier. Le rendez-vous était organisé à la salle des fêtes de Rieden, non loin du siège de Schwandorf. Lors de cet évènement, dont la fréquentation est croissante, deux sujets majeurs ont été abordés : « les cultures intermédiaires. Une simple contrainte réglementaire ou un outil de développement ? » et « 10 ans de fissuration ciblée et de fertilisation localisée, les frais d’apprentissage sont payés ! ».

Michael Horsch a inauguré le séminaire en parlant des dernières évolutions en agriculture. Selon lui, la situation sur les marchés est stable. En effet, pour 2015, Michael Horsch s’attend de nouveau à de bons rendements, faisant suite à celle des années 2013 et 2014. Sur le plan international, la Russie a abandonné son statut d’exportateur en raison de la guerre larvée qui règne dans la région et de la chute du rouble. A l’inverse, les États-Unis toujours exportateurs, bénéficient généralement de bonnes conditions climatiques depuis quelques années et d’une stabilité du marché du maïs. Néanmoins, ces éléments ne leur permettront pas d’avoir les mêmes rendements qu’en 2014.

Michael Horsch a exposé une anecdote intéressante au sujet des attentes d’un discounter leader sur le marché. A la demande de ce dernier, les directions de chaque entreprise se sont rencontrées pour évoquer leurs préoccupations respectives. Pour le discounter, il était important de disposer de maïs et de soja non OGM. Cette société souhaite à l’avenir être partenaire des agriculteurs et se recentrer sur la régionalisation, l’absence d’OGM et la traçabilité des produits. Pour Michael Horsch, cette réflexion est un message clair adressé aux agriculteurs. Passer le cap de l’interdiction des néonicotinoïdes sera un autre défi à relever pour l’agriculture de demain. C’est une décision qui impactera beaucoup les agriculteurs, Michael Horsch en est persuadé. Mais, c’est ainsi, les « lois de la Nature » se retournent souvent contre nous. Le phénomène de résistance en est la preuve. Le rôle de la société HORSCH est d’apporter des solutions techniques à ces problèmes agronomiques en concevant si possible une nouvelle stratégie d’itinéraire technique pour le travail du sol.

La nouvelle directive nitrate sera également un sujet décisif auquel il faudra s’adapter. Les apports d’azote seront de plus en plus réglementés. Les périodes d’épandage à l’automne ont significativement diminué, contraignant encore plus les épandages avant colza, orge d’hiver, mais aussi les apports sur les intercultures ! Pourtant, il est difficile de blâmer le législateur, alors que certains fertilisent ou épandent encore du lisier n’importe quand. Et Michael Horsch appelle à la prudence et pointe du doigt la situation au Danemark. Il existe, dans ce pays et ce, depuis plusieurs années, un plafond de dose d’azote unique. En s’appuyant sur un graphique, Michael compare l’évolution des rendements au Danemark et dans une zone voisine du Schleswig-Holstein, avec un potentiel comparable. Le seul et unique plafond auquel sont soumis les Danois ne leur permettent plus de couvrir les besoins en azote des plantes dans les sols à fort potentiel. Finalement, cette contrainte conduit à une chute des rendements. Pour limiter ces impacts négatifs de la réglementation dans certains cas, l’agriculture de précision est un bon outil pour pouvoir conserver, en moyenne, de bons rendements. Le principe est d’apporter l’azote en fonction des besoins de la plante et de manière localisée.

L’accord de libre-échange transatlantique, souvent présenté sous un angle négatif au grand public, a été abordé. Michael Horsch plaide en faveur de frontières ouvertes. La distribution souhaite, dans tous les cas, des produits régionaux, sans OGM et avec une bonne traçabilité. Il est nécessaire d’être rassuré à ce sujet. Le traité transatlantique pourrait même être perçu comme un avantage pour l’agriculture européenne.

Michael Horsch a terminé son discours en parlant d’un sujet en cours de développement : le « Big Data » ou la numérisation de l’agriculture. Il faudra s’intéresser à ce sujet dans l’avenir pour sortir du schéma classique de sauvegarde des données sur son propre ordinateur. Les données seront envoyées vers un « Cloud » qui les enregistre de manière fiable et les exploite lorsque c’est nécessaire. Il faudra se familiariser avec la numérisation. En effet, cela devient de plus en plus incontournable, comme en témoigne la technologie déjà disponible dans les nouveaux tracteurs. L’agriculture, et en l’occurrence les agriculteurs, n’échapperont pas à la numérisation. Selon lui, l’utilisation de la tablette devra être promue à grande échelle pour que cette technologie soit accessible à tous. Michael Horsch demande ainsi une tablette universelle, avec un écran et un langage commun, sur laquelle il n’est pas nécessaire de stocker les données.

Michael Braun, responsable marketing produits chez HORSCH Maschinen depuis 10 ans, était le deuxième intervenant de ce séminaire. En se basant sur ses recherches, il a présenté le sujet : « 10 ans de fissuration ciblée et de fertilisation localisée, des premières expériences au concept du Focus TD ». Chez HORSCH, le travail en bandes est arrivé avec le Focus TD. L’outil est basé sur le principe de la fissuration : seules les futures lignes de semis sont travaillées. Il combine, en un seul passage, ameublissement profond, dépôt de l’engrais, préparation du lit de semences et semis. Ainsi, l’horizon d’exploration des racines est dépourvu de paille et le dépôt d’engrais est effectué en profondeur. L’interrang est de 30 cm pour permettre une levée sécurisée et favoriser le développement des racines. Un réglage permet de piloter la profondeur d’ameublissement. Le Focus TD est conçu aussi bien pour le semis de colza que pour le semis des céréales. Pour une implantation réussie, une préparation préalable du sol est nécessaire. Celle-ci garantit, en plus du travail du Focus TD, une levée homogène, sécurisée et une exploration racinaire plus dense.

Michael Braun est également revenu sur les premières expériences du StripTill, dans le cadre de tests en République Tchèque. L’objectif de la fissuration en bandes était d’obtenir un volume de sol et de racines suffisant. L’ameublissement profond permettait également la formation des billons, l’intérêt étant, dans un 2e temps, de semer au printemps sur un sol réchauffé. Enfin, la diminution de l’érosion est un autre avantage du StripTill. Ce principe a aussi été étudié pour l’apport localisé du lisier dans le sol, ce qui fonctionne très bien en sol léger. Pour Michael Braun, en résumé, le travail en bandes avec une fissuration ciblée facilite le développement des racines. Les éléments nutritifs apportés, séparés des résidus, profitent pleinement à la plante et contribuent à un développement rapide des racines en profondeur. Michael rebondit alors sur le colza, exemple d’une plante qui profite bien du travail en bandes. Grâce à la fissuration et à la fertilisation localisée, les levées sont sécurisées aussi bien en sols humides qu’en sols secs et, malgré un large interrang, la couverture du sol est assurée.

Pour rester dans la continuité du Strip-Till, Carsten Thies-Mackeprang a présenté le sujet « 5 ans de pratique avec le Focus TD : modifications et opportunités ». Agriculteur à Viersdorf en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, région du nord de l’Allemagne, il exploite à Stralsund dans des sols légers et drainés à 90%. Il introduit son discours avec la phrase suivante : « une moissonneuse-batteuse doit pouvoir moissonner 1 000 hectares par campagne ». Il revient sur le chemin parcouru pour atteindre cet objectif. Dans les années 90, il labourait ce qui conduisait à des problèmes de lessivage et d’érosion. En 2003, Carsten Thies-Mackeprang a fait l’acquisition d’un Tiger pour mélanger les pailles jusqu’à 30 cm. Mais de nouveaux inconvénients sont apparus. La terre intensivement mélangée, n’était pas suffisamment ré-appuyée à certains endroits. Il opte alors en 2008 pour le « semis sur Tiger ». « L’avantage de ce système », explique l’agriculteur, « est le réappui intensif du sol par le packer à pneus 24 pouces, assurant ainsi la consolidation du sol en pro- fondeur ». D’où vient alors, à ce moment-là, la motivation de M. Thies-Mackeprang pour investir dans le nouveau concept de Focus TD ? D’une stagnation des rendements de colza ! La gestion de l’assolement implique que 85% des colzas soient implantés après les blés d’hiver. Le précédent cultural laisse beaucoup de paille, et le temps est insuffisant pour que la matière soit suffisamment dégradée. De plus, le prix des engrais de fond augmente et les déchaumages sont difficiles à réaliser avec une moisson tardive et des tracteurs encore mobilisés. L’acquisition du Focus TD lui a fait gagner en réactivité et en polyvalence grâce à une meilleure croissance de la plante, une fertilisation plus précise, des pics de travail mieux gérés et plus de flexibilité face aux contraintes. Lors des années humides, le colza peut être semé à côté des bandes et en années « normales », sur les rangs fissurés. De plus, le semis et la fertilisation sont effectués en un seul passage ce qui représente un vrai gain de temps. Ainsi, selon lui, les investissements peuvent être maîtrisés. Le Focus TD offre une flexibilité d’utilisation en conditions très différentes et convient bien aux besoins de l’agriculteur, qui avoue avoir acquis une certaine expérience pour profiter pleinement aujourd’hui des avantages de l’outil.

Après le déjeuner, Christoph Felgentreu de la Deutschen Saatveredelung (DSV) est intervenu sur le thème « Combiner intelligemment verdissement et intercultures ». « Le plus gros capital de l’agriculture est le sol » a-t-il affirmé. Sa fertilité doit être entretenue et améliorée. Les couverts ne sont plus une piste de réflexion à regarder de loin. En effet, ils améliorent la fonctionnalité des sols et peuvent, en outre, contribuer à augmenter leur teneur en matière organique. Le chercheur a interpellé son auditoire avec la question suivante : « pour quelle exploitation le verdissement est-il obligatoire ? ». La réponse en a surpris plus d’un, puisque dès 10 hectares de terres arables, l’exploitation doit répondre au critère de diversité des assolements. Et toutes les exploitations d’au moins 15 hectares de terres arables doivent à partir de 2015 présenter des Surfaces d’Intérêt Écologique pour toucher l’intégralité du paiement « vert ». Les SIE doivent représenter au moins 5% de la surface des terres arables de l’exploitation. Le verdissement consiste, globalement, à interdire le retournement des prairies, à augmenter la diversité des assolements et à justifier d’un minimum de 5% de SIE. Une liste de cultures éligibles répertoriées a été arrêtée. On y trouve par exemple la jachère, les éléments topographiques comme les haies, les légumineuses, les bandes tampons et les surfaces implantées en couverts intermédiaires. Selon le chercheur, l’objectif est de maintenir la fonctionnalité des sols, voire de les améliorer. Pour cela, les plantes intermédiaires doivent permettre un maximum d’exploration racinaire. Les couverts jouent également un rôle sur le développement des saprophytes, comme les vers de terre et sur les interactions biologiques, telles que l’antibiose. Ces recherches sont l’objet de TerraLife, un programme établi sur les cultures et les rotations. « Pour choisir son couvert, l’agriculteur a tout intérêt à prendre l’option de suivre le programme TerraLife », affirme l’intervenant. En effet, 5 espèces au minimum par mélange diminuent le risque de dé-mélange et garantissent un haut niveau de biodiversité. TerraLife offre des solutions pour tous les systèmes de culture et dans divers contextes climatiques.

Pour clore cette journée, Michael Ehmann a pris la parole sur le thème « GreenTillage, une voie éprouvée pour intégrer les couverts intermédiaires  ». Installé près de Toulouse, en France, il cultive du maïs pop-corn. Les terres sont difficiles, vallonnées et la teneur en argile oscille entre 25 et 30 %. Michael Ehmann a fondé son entreprise en 1994 et cultive le maïs pop-corn depuis un séjour aux États-Unis. C’est la première entreprise de ce type en Europe. Elle enregistre une production annuelle de 40 000 tonnes, ce qui correspond à 5 700 hectares, cultivés par 250 agriculteurs. Le popcorn micro-ondable détient une part non négligeable sur le marché. Il est commercialisé dans une trentaine de pays. Au cours de son exposé, Michael Ehmann a évoqué les problématiques liées à la culture du maïs pop-corn dans sa région. Selon lui, 90 % des sols avec une structure dégradée sont labourés. En effet, dans ces conditions, obtenir un lit de semences propre sans labour est presque impossible. C’est de cette réflexion qu’est née la technique du GreenTillage combinée aux couverts. Après plusieurs essais, la féverole est apparue comme la culture la mieux adaptée au système. HORSCH a développé une machine spécifiquement adaptée au GreenTillage, l’EVO CS. Celui-ci travaille deux horizons différents jusqu’à 30 centimètres maximum. Les bandes travaillées sont occupées par le couvert et l’interrang, Les futurs rangs de semis restent libres ce qui présente de gros avantages pour le maïs. Par ailleurs, l’agriculteur, adepte du déchaumage, gère les adventices et les limaces.


Focus TD : sur la voie d’une innovation à un élément durable de la stratégie agronomique

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L’idée originale de travailler le sol en bandes a constitué, en 2006, la base du développement du Focus TD. Après la présentation du premier modèle à l’Agritechnica en 2006 et les développements qui ont suivi pour proposer une version retravaillée en 2013, nous avons aujourd’hui assez de recul pour parler des expériences acquises.
mediaL’écartement des résidus de récolte est l’élément fondamental du concept du Focus
Le concept de travail du sol en bandes est de travailler dans une zone définie (la ligne de (...)

L’idée originale de travailler le sol en bandes a constitué, en 2006, la base du développement du Focus TD. Après la présentation du premier modèle à l’Agritechnica en 2006 et les développements qui ont suivi pour proposer une version retravaillée en 2013, nous avons aujourd’hui assez de recul pour parler des expériences acquises.

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L’écartement des résidus de récolte est l’élément fondamental du concept du Focus

Le concept de travail du sol en bandes est de travailler dans une zone définie (la ligne de semis) et à une distance, elle aussi définie, qui correspond à l’écartement des rangs. Cela permet d’éviter les compactions sur le rang et de dégager la future ligne de semis en déplaçant les résidus. En option, il est également possible d’apporter simultanément l’engrais de manière localisée. Le sol en dehors de la ligne de semis n’est donc pas travaillé. Ce concept permet de conserver les aspects positifs du semis direct (lutte contre l’érosion, diminution des pertes en eau) et de les associer avec ceux du travail du sol (lit de semences dégagé, sol bien structuré).

Ce sont exactement ces aspects qui ont été adaptés sur le Focus TD : grande distance entre les dents (intervalle de 35 à 37,5 cm) pour décompacter et dégager les résidus de récolte, incorporateur d’engrais et éléments semeurs distants respectivement de 35 à 37,5 cm et 17,5 à 18,75 cm (en fonction de la configuration de la rampe de semis). Le premier objectif du développement du Focus TD était d’économiser des passages et de réduire l’intensité du travail du sol. Une première configuration a été mise au point pour le semis de colza. Les graines doivent être semées à des écartements importants, dans un sol fissuré sous le rang et s’adapte très bien à une fertilisation localisée en profondeur. La première chose que l’on remarquait était le déplacement des résidus de la ligne de semis vers les interrangs.

Dans un deuxième temps, lors de semis de blé ainsi que pour d’autres céréales, le Focus TD configuré en interrangs de 17,5 à 18,5 cm s’est également montré intéressant.

Du concept au Focus TD nouvelle génération

Après des débuts encourageants, surtout dans des sols légers avec peu de stabilité structurale, il est vite apparu que les conditions d’utilisation idéales du concept du Focus TD n’étaient pas celles auxquelles on s’attendait. L’absence de travail du sol ou un travail du sol superficiel s’est vite révélé problématique. La présence de ravageurs, tels que les souris et les limaces, et les résidus de céréales lors des semis de colza nécessitaient une intensification du travail du sol. L’observation du Focus TD a montré que le système de travail en bandes combine une décompaction ciblée sous la ligne de semis, une localisation précise de l’engrais et une réduction des résidus de récolte dans la zone racinaire. Le mélange des résidus de récolte est absolument nécessaire les années où les quantités de paille sont importantes ou lorsque la répartition de celles-ci n’est pas optimale, à cause de l’humidité ou de la verse lors de la récolte.

L’expérience acquise sur le travail en bandes ainsi que les exigences des utilisateurs de Focus TD nous ont amené à retravailler le concept du Focus TD qui a été présenté à l’Agritechnica en 2013. L’écartement entre dents a été réduit à 30 cm. Cela permet d’accentuer l’intensité du travail du sol sans augmenter la puissance absorbée. De plus, cet écartement présente un autre avantage : les céréales et autres cultures qui s’adaptent bien aux écartements plus faibles peuvent être semées avec 15 cm d’espacement. Le développement de la dent TerraGrip III et son ressort d’escamotage horizontal a permis de positionner la trémie sur la partie du châssis où sont fixées les dents afin de réduire la longueur de l’outil. Pour étendre les possibilités d’utilisation de la machine, les dents peuvent être échangées par des disques. Cette option peut être utile, notamment lors de la préparation d’un lit de semis superficiel pour les implantations tardives de blé.

Le type de sol et la quantité de résidus de récolte déterminent les besoins de travail du sol avant le passage du Focus

Pour déterminer l’intensité du travail du sol à réaliser nécessaire en amont du semis, il faut considérer séparément trois catégories de sol.

Sols légers à faible stabilité structurale

En fonction du volume de résidus, le travail du sol peut être réalisé superficiellement ou à moyenne profondeur. La plupart du temps, un déchaumage superficiel avec un outil à disques ou à dents est privilégié. Un deuxième passage est effectué à un tiers de la profondeur visé par le Focus, avec un mélange intensif réalisé, là aussi, avec un outil à dents ou à disques. Ensuite, le Focus peut effectuer la décompaction à la profondeur souhaitée. Les années avec beaucoup de paille, parfois mal broyées et mal réparties, il peut être nécessaire, avant le passage du Focus, d’effectuer une préparation jusqu’aux deux tiers de la profondeur que l’on désire atteindre avec le Focus. Ce passage pour un mélange intensif permet d’obtenir un contact suffisant entre la paille, les résidus et le sol pour améliorer le processus de décomposition.

Sols lourds à mi-lourds (pourcentage d’argile maximum de 25 à 30 %)

La priorité pour le travail préalable sur des sols lourds à mi-lourds est la production en quantité suffisante de terre fine dans l’horizon de semis. La présence de dents limite la capacité du Focus à produire de la terre fine dans l’horizon de semis. En amont du semis, il faut donc privilégier un travail du sol avec un outil à disques indépendant ou avec un outil avec plusieurs rangées de dents. Le choix doit être fait, en fonction de la parcelle, de façon à éviter la fabrication de mottes. Lors d’un deuxième passage de fissuration et de mélange, on ciblera la moitié de la profondeur que l’on veut atteindre avec le Focus. Puis, le Focus décompactera la profondeur désirée et produira les meilleures conditions pour la germination et la croissance de la graine.

Sols lourds et argileux

Sur les sols lourds et argileux avec des taux d’argile de 30 % et plus, le concept du Focus peut atteindre ses limites, surtout si le travail préalable n’arrive pas à produire de la terre fine en quantité suffisante. Pour ces types de sol, il peut être raisonnable de laisser ressuyer le sol après le premier passage avant de faire une préparation supplémentaire. Afin d’adapter le Focus à ces conditions, nous réfléchissons sur la forme des pièces travaillantes en cherchant une pointe qui remonte le moins possible de terre vers la surface et qui évite la fabrication de mottes. Une dent de décompaction, tout simplement.

Comme synthèse, voici les phrases à retenir :

- Plus le sol est lourd, plus on doit travailler le sol de façon intensive et profonde
- Plus le sol est lourd, plus la production de terre fine lors du travail du sol est un facteur important de réussite.
- Les quantités importantes de résidus nécessitent un mélange intensif et homogène. C’est pour cela que, même sur des sols légers, on pourra parfois envisager une préparation sur la totalité (ou presque) du profil.

Quels sont les leviers qui poussent à intégrer un Focus TD dans le système cultural d’une exploitation ?

- Sécurité de mise en place de la culture grâce à la décompaction sous la ligne de semis.
- Réduction de la présence de résidus immédiatement dans le lit de semences et la zone racinaire.
- Placement précis de l’engrais grâce aux dents permettant une meilleure efficacité de l’alimentation de la plante, par extraction du dépôt concentré.
- Sécurité de la levée, surtout en colza, grâce au travail profond combiné au semis en un seul passage permettant d’humecter le lit de semences et de garantir une meilleure germination.
- Sur des sols sensibles au tassement, le Focus donne l’opportunité, en un seul passage, d’effectuer la décompaction, la fertilisation et le semis. Grâce à cette combinaison, on évite les traces répétées.
- Une moisson tardive du blé, précédant un colza, engendrent souvent des problèmes liés à une quantité importante de paille dans l’horizon de semis. Grâce à l’utilisation du Focus, la concentration des résidus de récolte dans cette zone sensible est fortement réduite et permet au colza de bien lever et de bien développer son pivot.
- Les parcelles qui n’ont pas connu de retournements profonds du sol, particulièrement celles peu pourvus en éléments essentiels, profiteront de l’engrais placé en profondeur. L’apport d’éléments nutritifs ‘’frais’’ sous forme concentrée, a un effet positif sur l’absorption de ces éléments, surtout en conditions sèches.
- Le Focus TD ouvre de nouvelles voies pour la fertilisation : grâce à la possibilité de déposer l’engrais avec précision à différentes profondeurs, directement sous la plante, en profondeur ou les deux, l’agriculteur peut s’adapter aux différentes contraintes des cultures et réagir aux effets annuels.
- Le concept Focus TD apporte une régularité dans les rendements, surtout dans les années où l’on rencontre des conditions climatiques extrêmes.


AgroVation : Réalisation d’un rêve et perspective de nouvelles innovations

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Avec AgroVation, située à Knezmost, le rêve d’avoir une exploitation dédiée à l’expérimentation et à l’innovation devient une réalité. Depuis plusieurs années, les nouveautés étaient surtout mises en pratique sur les différentes fermes des membres de la famille.
mediaSelon Michael Horsch, pour devenir agriculteur, la passion de la conception de machines performantes est essentielle. Son frère aussi est agriculteur. Cette passion est un processus continu. Penser puis construire une machine parfaitement (...)

Avec AgroVation, située à Knezmost, le rêve d’avoir une exploitation dédiée à l’expérimentation et à l’innovation devient une réalité. Depuis plusieurs années, les nouveautés étaient surtout mises en pratique sur les différentes fermes des membres de la famille.

Ferme Horsch AgrovationSelon Michael Horsch, pour devenir agriculteur, la passion de la conception de machines performantes est essentielle. Son frère aussi est agriculteur. Cette passion est un processus continu. Penser puis construire une machine parfaitement adaptée à un sol et à une exploitation demandent d’être à l’écoute et d’avoir de très bonnes capacités d’observation.

La mise en œuvre rapide des plans de Michael et de Philip est le résultat d’un équilibre entre désir et technologie. Développer et commercialiser une technique qui permet un semis parfait et économique est depuis toujours leur objectif. Précision, maitrise des coûts, productivité pour réaliser au moment opportun le travail avec une logistique appropriée ont toujours été et restent au cœur du développement de nouvelles technologies.

Après 30 ans, l’occasion de réaliser le rêve s’est présentée, elle a pris la forme d’AgroVation, une grande exploitation située en République Tchèque. Lors des douze derniers mois après la reprise de l’exploitation, beaucoup de transformations ont été réalisées et optimisées. Démolition et chantiers divers sur le site, travail du sol en conditions extrêmes après une récolte en conditions humides ne sont que quelques exemples de ce que Horsch a vécu à AgroVation. Démarrer une exploitation où tout est à repenser offre également des opportunités. Les techniques qui trouveront leur place dans l’agriculture de demain et qui paraissent à première vue lointaines peuvent ainsi être mises en pratique et testées. Et c’est ce que font les deux frères, empreints de leur passion pour l’agriculture et la technique.

L’idée de perturber aussi peu que possible le sol, qui constitue le fondement majeur des facteurs de production, notamment si la récolte s’effectue dans des conditions défavorables, peut conduire au développement de nouvelles techniques. Ainsi, la technologie GPS offre la possibilité de fixer et de circuler au fil des ans dans les mêmes voies de passage, tous les 12 m. Derrière cette idée se cache le CTF (Controlled Traffic Farming ou Agriculture à circulation raisonnée). Pour travailler dans des conditions adaptées au CTF, il convient de réduire au maximum les passages et les compactions du sol. Autre décision à prendre : le passage de toutes les voies à 3 m de large pour réduire le nombre de traces. Naturellement, comme pour toute recherche, toutes les questions n’ont pas encore été élucidées. Pour mener à bien une telle expérimentation, il est nécessaire de disposer de nouveaux concepts d’essieu : les chenilles sont privilégiées sur les engins motorisés et sur toutes les machines avec essieu de transport.

D’autres questions se posent : comment combiner rapidité et précision ? La précision et la vitesse ne s’excluent pas et constituent des éléments importants dans la chaine d’optimisation. Explorer les limites et continuer à approfondir la technique sont les défis à relever pour devenir plus efficace dans la gestion du CTF. La performance ne se joue pas seulement sur le terrain, la logistique présente sur l’exploitation tient un rôle déterminant. Il est toujours important d’évaluer l’ensemble du système en termes de puissance et de précision. La simplicité d’utilisation constitue un réel défi dans la conception des machines de demain. Le plus grand se cache dans le domaine de l’électronique, des logiciels et du traitement des données. La création d’interfaces et la communication entre les outils seront le travail des prochaines années.

Revenons sur la logistique qui a une influence déterminante par rapport à la circulation sur les voies publiques. Il y a les exigences de la loi et les demandes des riverains. « Comment puis-je transporter proprement de gros tonnages de produits, comme le maïs ensilage, au moindre coût et sans avoir à nettoyer les rues en cas de pluie ? » La société a des attentes vis à vis de l’économie et de l’agriculture. Des sujets comme l’incorporation du lisier, l’accroissement de l’efficacité des éléments nutritifs ou la manipulation propre et plus sûre des pesticides conduisent bien souvent à des discussions. Les systèmes et les techniques actuellement testés sur l’exploitation en Tchéquie, joueront un rôle dans les décennies à venir. Pour l’instant, ces innovations amènent plus de questions que de réponses. C’est bien ce qui motive Michael et Philipp Horsch. Grâce à AgroVation, ils ont la possibilité de développer et de tester leurs idées et leurs techniques visionnaires.


L’agronomie, base du développement du semis de précision en colza et en céréales

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Aujourd’hui le prix des céréales est élevé, les coûts de production et les charges augmentent, il est donc plus important que jamais d’optimiser les rendements.
Les leviers pour l’optimisation du potentiel de rendement se trouvent d’une part dans la préparation du sol et d’autre part dans les techniques de semis. Beaucoup d’agriculteurs ont déjà cherché à optimiser les densités et la régularité de la profondeur de semis afin d’améliorer les rendements. Aujourd’hui les techniques de semis disponibles sur le (...)

JPEG - 31.1 koAujourd’hui le prix des céréales est élevé, les coûts de production et les charges augmentent, il est donc plus important que jamais d’optimiser les rendements.

Les leviers pour l’optimisation du potentiel de rendement se trouvent d’une part dans la préparation du sol et d’autre part dans les techniques de semis. Beaucoup d’agriculteurs ont déjà cherché à optimiser les densités et la régularité de la profondeur de semis afin d’améliorer les rendements. Aujourd’hui les techniques de semis disponibles sur le marché permettent d’obtenir une profondeur de semis homogène ce qui représente déjà une grande évolution.


Une deuxième Médaille Agritechnica pour le semis monograine de céréales

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La société Horsch a reçu une deuxième Médialle Agritechnica pour son système de semis monograine de céréales.
Horsch est le premier constructeur de machines agricoles à présenter une solution pour distribuer à grande vitesse une graine avec précision. Le nouveau système de dosage est utilisé sur les semoirs Horsch, équipés d’éléments semeurs TurboDisc, comme le Focus TD ou bien entendu le Pronto DC. La distribution est réalisée depuis une trémie centrale par un doseur qui détermine la quantité totale. La (...)

La société Horsch a reçu une deuxième Médialle Agritechnica pour son système de semis monograine de céréales.

Distribution monograine Horsch pour semoir à céréaleHorsch est le premier constructeur de machines agricoles à présenter une solution pour distribuer à grande vitesse une graine avec précision. Le nouveau système de dosage est utilisé sur les semoirs Horsch, équipés d’éléments semeurs TurboDisc, comme le Focus TD ou bien entendu le Pronto DC. La distribution est réalisée depuis une trémie centrale par un doseur qui détermine la quantité totale. La semence pré-dosée est transportée pneumatiquement jusqu’à chaque élément semeur. Le transport de la semence s’effectue sans aucune modification par rapport à une distribution standard. La distribution et le dépôt dans le sol sont réalisés grâce à un nouveau soc TurboDisc sur lequel un doseur supplémentaire est adapté. Celui est conçu pour atteindre de très hautes fréquences de séparation. Ceci est important pour maintenir le débit de chantier du semoir avec des vitesses de 10 à 12 km/h Cette nouvelle distribution monograine est capable de doser des céréales jusqu’à une fréquence de 120 Hz ce qui correspond à 120 grains/seconde et donc à une densité de 240 gr/m² à 12 km/h avec un interrang de 15 cm. Le système de distribution breveté permet dans la pratique d’atteindre des coefficients de variation de 30 à 50 %. Il s’approche ainsi des semoirs monograines classiques. Dans le doseur, le flux de semences non organisé et dosé de façon volumétrique est traité et distribué graine par graine dans le tube de descente. Dans la première partie du système circulaire, les grains non organisés sont accélérés et projetés vers l’extérieur du disque de dosage où s’opère la sélection des graines.

Doseur Horsch pour semis de céréale monograineLes grains restant reviennent au point de départ et effectuent une nouvelle rotation dans le doseur. Grâce à cela de petites accumulations ou des petits trous dans le système de distribution volumétrique peuvent être compensés. A la sortie du doseur dans le tube de descente, on obtient la répartition de semences, désirée, ordonnée et séparée avec une grande régularité. Le terminal en cabine pilote aussi bien le dosage centralisé que le dosage monograine. L’agriculteur doit simplement fournir le nombre de grains au m², le poids de mille grains, le coefficient de germination et le système calcule la quantité à l‘hectare du doseur volumétrique. La vitesse de rotation du disque doseur situé dans la distribution monograine est adaptée à la densité souhaitée et aux écartements sur le rang qui en résultent. En cas de problèmes techniques sur le système, on peut continuer à semer, car le flux de graines traverse, dans ce cas, le doseur. Le résultat correspond alors au semis que l’on obtient avec un semoir classique.

Principales remarques et avantages :

- Amélioration d’une technique de semis classique vers une technique de semis monograine.
- Les machines en service pourront bénéficier de cette nouvelle technologie, permettant une mise sur le marché à un rythme calculé.
- Maintien du débit de chantier du semoir
- Pour les semis tardifs engendrant une densité élevée, la technique standard de semis peut toujours être utilisée.
- En cas de défaillance du moteur, le principe de semis devient alors celui du système classique.
- Réglage exact de la profondeur de semis et de la dépose des graines dans le sillon, grâce à la languette téflon et à la roue de plombage.
- Insensible aux chocs et vibrations grâce à la vitesse de transport élevée de la graine. Le développement d’un système monograine pour le semis de céréales et de colza est lié à une arrière-pensée agronomique. A une période où les prix de céréales sont élevés tout comme le sont les coûts de production ou de fermage, il est de plus en plus important de tirer parti au maximum du potentiel des sols. Un des piliers pour atteindre les plus hauts rendements se trouve, à côté du travail du sol, dans la technique de semis. Dans ce cadre, beaucoup d’agriculteurs poursuivent l’objectif d’optimiser la densité et la régularité de semis.

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Régularité de semis

De plus en plus ces dernières années, la thématique de la répartition sur le rang de la semence est une demande importante des agriculteurs. Les techniques de semis mécaniques ou pneumatiques montrent ici leurs faiblesses avec un coefficient de variation de 90 à 120 % dans la répartition sur le rang, qui entraîne dans la pratique des doubles et des manques. Si plusieurs graines sont déposées au même endroit, il se peut qu’à cause d’une concurrence élevée, des plantes disparaissent. Les plantes se retrouvent en concurrence au niveau du développement des racines, de la captation de la lumière et de l’eau. Ces plantes ne tallent en général pas et produisent une tige peu épaisse, donc moins robuste. Le semis monograine de céréales et de colza est la clé pour obtenir le rendement maximum dans chaque terroir.


HORSCH PPF : Ne jetez plus l’engrais par les fenêtres !

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Depuis la création de la société Horsch, Michael Horsch s’est toujours investit dans la recherche pour sécuriser et augmenter les rendements. C’est pourquoi, dès 1993 la société a lancé le concept PPF : Placement Précis de la Fertilisation. Ce système est issu de la compréhension agronomique du milieu de développement des plantes. Dans ce processus de compréhension, plusieurs paramètres ont été pris en compte, comme par exemple : la structure du sol, l’état hydrique ou les concentrations en nutriments. En (...)

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HORSCH PPF : Ne jetez plus l’engrais par les fenêtres !

Depuis la création de la société Horsch, Michael Horsch s’est toujours investit dans la recherche pour sécuriser et augmenter les rendements. C’est pourquoi, dès 1993 la société a lancé le concept PPF : Placement Précis de la Fertilisation. Ce système est issu de la compréhension agronomique du milieu de développement des plantes. Dans ce processus de compréhension, plusieurs paramètres ont été pris en compte, comme par exemple : la structure du sol, l’état hydrique ou les concentrations en nutriments. En pratique, l’idée est d’amener la plante à se développer dans des conditions optimales, afin de lui permettre d’exprimer son potentiel de rendement maximum. L’atteinte de ce potentiel passe par une bonne alimentation de la plante, et nous amène à réfléchir sur la disponibilité des éléments nutritifs dans le sol. Il apparait que leur mobilité peut être un facteur limitant. En effet, certains éléments sont trop peu mobiles alors que d’autres le sont trop, ce qui dans les deux cas les rend indisponibles et donc inassimilables par la plante. Par exemple : le phosphore est un élément clé pour le développement des plantes mais il n’est quasiment pas mobile dans le sol. En fonction du pH, cet élément se déplace en général de 1mm tous les 100 mm de pluie. A l’inverse l’azote, sous forme nitrate, présente un risque élevé de lessivage.

Les carences liées à l’absence ou à la mauvaise disponibilité des éléments ont un fort impact sur le rendement. Eléments dont les besoins ne sont couverts qu’à 50 % Chute de rendement :
- N nitrate 40 %
- P phosphore 60 %
- K potassium 55 %
- S souffre 30 %
- Mg magnesium 30 %
- Cu cuivre (avec apport élevé en N) 40 %
- Cu cuivre (avec apport faible en N) 25 %
(Source NU-AGRAR Gmbh)

Pour y pallier, il s’avère que le placement de l’engrais sous une forme stable et concentrée dans l’espace de développement racinaire présente de réels avantages. D’une part, les éléments peu mobiles sont alors facilement accessibles, puisqu’ils ne sont plus dilués dans le sol, mais concentrés au niveau du dépôt. Et d’autre part, un dépôt concentré par son effet sur la vie microbiologique du sol, peut permettre de ralentir la minéralisation et de ce fait réduire le risque de lessivage des éléments très mobiles. Dans ce contexte, le système PPF est un levier intéressant pour agir non seulement sur la quantité de nutriments présents dans le sol, mais également, sur leur disponibilité et leur assimilation par la plante. Il en résulte une plus grande effi cacité et surtout une plus grande rentabilité de l’apport d’engrais. Mais les effets du système PPF ne s’arrêtent pas là : la mise en évidence récente de l’attractivité de certains éléments nutritifs (phosphore, ammonium) sur le système racinaire nous ouvre des possibilités supplémentaires, puisque le positionnement du dépôt peut infl uencer l’orientation de la croissance des racines. Le système PPF se décline en plusieurs versions : le G&F, le PPF à 5cm et le PPF en profondeur. Contrairement aux apports de surface classique, le système PPF intègre toujours un enfouissement des engrais.

Le G&F (Grain et Fertiliser) est une technique développée pour les faibles quantités d’apport. Cette technique est issue des régions froides et humides dans lesquelles la terre ne se réchauffe pas rapidement. L’objectif est d’avoir un effet starter le plus rapidement possible pour augmenter le développement racinaire et foliaire dans le but de valoriser au mieux l’ensoleillement. Pour ce type d’apport, il est nécessaire d’adapter la formulation et la quantité d’engrais car ce dernier est directement en contact avec la semence. Ce type de machine est pourvu d’une double trémie et l’élément semeur dépose l’engrais et la semence dans le même sillon. Cette technique est très utile pour placer les éléments peu ou pas mobile.

Le PPF à 5 cm est la technique proposée sur les produits type Pronto DC/AS, Sprinter et Maestro. Nous séparons les fl ux d’engrais et de semence pour dissocier leur placement. Par exemple pour le concept Pronto PPF : une rangée de disques de fertilisation montée sur suspension caoutchouc avec une pression réglable jusqu’à 200 kg dépose l’engrais jusqu’à 10 cm de profondeur, entre 2 lignes de semis et devant les pneus du packer de ré-appui. Dernière chaque pneu du packer, deux éléments semeurs TurboDisc déposent la semence de part et d’autre de la ligne de fertilisation. Cette technique permet un apport plus important en quantité que le G&F, car il y a moins de risque de brûlure ou de déshydratation de l’horizon de semis. Nous incitons le système racinaire à se développer en profondeur par les effets d’ameublissement et d’attraction des éléments nutritifs.

Le PPF en profondeur reprend le concept StripTill par un travail en bandes localisé de la ligne de semis. Mais, nous allons ajouter un apport d’engrais sur un horizon profond. Par exemple, le Focus TD : Il est constitué de deux rangées de dents TerraGrip, dont l’objectif est d’ameublir en profondeur de manière ciblée la future zone d’exploration racinaire, tout en effectuant un dépôt d’engrais. Un clapet réglable permet d’effectuer ce dépôt soit près de la surface, soit en profondeur soit moitié/moitié. Une rangée de disques réglables permet au choix de renforcer ou de combler le billon. Le packer à pneus effectue un ré-appui en profondeur et prépare le lit de semences devant les éléments TurboDisc qui sèment. L’avantage de cette technique est l’incorporation d’une quantité élevée d’engrais en un passage. Le pouvoir attractif des éléments dirige les racines en profondeur pour une meilleure adaptation de la plante aux conditions difficiles.

L’effet dépôt, c’est le résultat d’un apport concentré d’engrais dans le sol. L’effet dépôt, c’est le résultat d’un apport concentré d’engrais dans le sol. Dans la zone de l’apport, les concentrations en nutriments sont tellement élevées que les micro-organismes ne peuvent y survivre. En conséquence, la minéralisation et donc la diffusion des nutriments dans le milieu est progressive, puisqu’elle ne peut avoir lieu que sur la périphérie du dépôt. Pourquoi est-ce un bon point ? Car une minéralisation lente permet de valoriser l’apport plus longtemps, par la rémanence de l’engrais. Pourquoi est-ce un bon point ? Car une minéralisation lente permet de valoriser l’apport plus longtemps, par la rémanence de l’engrais. Le PPF est dans tous les cas un moyen simple de sécuriser, voire d’augmenter les rendements et de valoriser au mieux les apports nutritif de la plante. Dans certains cas, la meilleure disponibilité des éléments permet de réduire les quantités d’engrais utilisés. Le PPF s’avère donc être un placement profitable et fertile !


Voyage Horsch en Allemagne de l’Est

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Michael Horsch avait convié un groupe d’agriculteurs français à visiter et échanger avec des agriculteurs est-allemands considérés comme très performants.
Ferme de M. Lassen
Le voyage a commencé dans le Mecklembourg Vorpommern plus précisément sur l’île de Rügen chez M. Nils Lassen, responsable de l’exploitation de Nordsaat. Cette exploitation est spécialisée dans la multiplication et les essais variétés et on y obtient des rendements record. L’île est reliée par un pont à la ville de Rostock. Selon (...)

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Michael Horsch avait convié un groupe d’agriculteurs français à visiter et échanger avec des agriculteurs est-allemands considérés comme très performants.

Ferme de M. Lassen

Le voyage a commencé dans le Mecklembourg Vorpommern plus précisément sur l’île de Rügen chez M. Nils Lassen, responsable de l’exploitation de Nordsaat. Cette exploitation est spécialisée dans la multiplication et les essais variétés et on y obtient des rendements record. L’île est reliée par un pont à la ville de Rostock. Selon la nomenclature allemande des sols, les limons sableux y sont moyennement fertiles (40 points en moyenne sur un maximum de 100) mais ont une réserve utile de 200 mm. La situation géographique est excellente pour la production de céréales et de colza malgré des précipitations de 520 mm en moyenne annuelle. Le climat y est relativement doux, jamais trop chaud et la durée des jours est longue lors de la phase de remplissage des grains. Les rendements moyens obtenus en 2009 étaient de 57 q/ha en colza et 105 q/ha en blé (avec 20% de blé sur blé). Avec des pointes à 130 q/ha en blé. Par contre en betterave, les rendements sont faibles et plafonnent à 60 t/ha (température peu élevée en été et manque d’eau).

Leur recherche permanente a pour but d’utiliser au mieux les potentiels en présence en assurant la pérennité de la productivité et de la fertilité des sols. La pression foncière est forte et les fermages élevés. Les baux vont de 1 à 12 ans avec une moyenne de 9 ans (fermage moyen 280 € avec des pointes à 450 €). Les dégâts principaux sont dus aux oies, cygnes et grues cendrées car l’île est une étape dans leur migration et une personne est occupée tout l’hiver à essayer de les déplacer vers des zones aménagées ou elles sont nourries. Pratiquement toute la récolte est séchée car le mois d’août est pluvieux avec 81 mm de pluie en moyenne.

La moisson commence fin juillet pour se terminer fin Août et les colzas doivent être semés avant le 25/08 ce qui donne des pointes de travaux très importantes. Le semis des blés est terminé pour le 25/09. Pendant ces périodes le travail se déroule 24h sur 24 afin d’utiliser au mieux les potentialités du matériel.

Les essais mis en place avec le nouveau semoir HORSCH Focus TD, permettent la fissuration, la fertilisation sous semis et le semis en un passage dans un laps de temps restreint entre la moisson et les semis de cultures d’automne

Il n’y a donc pas d’interculture ni de levée d’adventices entre le travail du sol et le semis. Les volumes de paille étant énormes (10 à 11 t/ha, chaumes compris), le semis direct n’est pas envisageable. Après la récolte un travail du sol est effectué entre 10 et 15 cm pour répartir, mélanger la paille et conserver l’humidité du sol (toujours en biais).

On passe ensuite une dent strip-till à 25 ou 30 cm de profondeur. On dépose de l’engrais en profondeur puis on referme le sillon avant de semer sur la zone travaillée. Ainsi le pivot va se développer dans une zone où il n’y a ni motte, ni paille, ni pierre. Les engrais sont à disposition exactement au bon endroit dans une zone où l’eau ne manque pas. Le semis est effectué à 30 gr/m² avec un objectif de 20 pieds/m² à la récolte. Les résultats sont très encourageants et les blés seront semés avec la même technique en doublant le nombre de pieds. Ils espèrent par cette méthode améliorer l’efficacité de l’engrais et augmenter leurs rendements.

Autres fermes

Une autre exploitation du secteur utilisant la même méthode reçut notre visite et c’est une visite d’essais avec différentes doses, sans engrais, sans déchaumage etc. qui a retenu notre attention. L’agriculteur fait partie d’un groupe existant depuis 1947. On y entre par cooptation (genre CETA). Toutes les données économiques et techniques sont obligatoirement mises en commun. Ceci leur permet de progresser ensemble. Celui qui refuse de donner des informations est exclu d’office (les données restent strictement confidentielles). Pour la culture du blé, un déchaumage est fait derrière le colza ou le blé. Ensuite le semis est effectué en combiné après un passage de Tiger HORSCH à 25 cm.

Pour cet agriculteur ce travail est nécessaire pour diluer et répartir la paille, car le climat ne permet pas une décomposition rapide des résidus. Ensuite direction le Sachs Anhalt pour visiter l’exploitation de Schackenthal (3 850 ha) exploitée par 5 associés. Les rendements y sont aussi très élevés grâce à des sols excellents (78 points en moyenne) mais les fortes chaleurs et le manque d’eau peuvent faire varier le rendement de manière plus importante. L’exploitation est aussi spécialisée dans la production de semences de pois qu’elle trie et prépare pour l’expédition. Le matériel est de taille imposante et piloté par GPS RTK occupé 20 à 22 h sur 24.

La préparation du sol en profondeur et le semis sont faits en même temps sur la parcelle (les sols sont légers) avec un Tiger HORSCH qui est suivi par un Pronto DC HORSCH tiré par le même tracteur. Il n’y a pas de traces de roues, le semis est régulier et un maximum d’humidité est conservé. Les projets ne manquent pas et il est prévu d’investir dans une installation de biogaz fonctionnant avec du lisier de porc et des fientes de poules attenants. Ainsi la chaleur serait utilisée pour les élevages, l’électricité vendue et les résidus utilisés sur la ferme pour la fertilisation. Ce dernier projet vu son importance serait réalisé grâce en partie à des investisseurs extérieurs. Nous en avions déjà plein la tête mais en soirée nous eûmes une conférence du docteur Schönberger patron de NU Agrar, société de conseil en agronomie qui conseille sur 1 million d’ha et effectue des essais sur 7000 parcelles. Il nous donna quelques informations sur la culture du colza avec strip-till, et sur la protection du blé. Comment entre autres limiter l’effet rendement de certains désherbants. La conclusion fut qu’une plante bien nourrie résiste mieux aux stress et devient moins rapidement malade qu’une autre.

Le lendemain fut consacré à la visite de la société WIMEX qui au départ faisait de l’élevage industriel de poulets de chair et de la reproduction et sélection. A la chute du mur ils purent reprendre une exploitation de 6 500 ha prés de Magdeburg afin de mieux maîtriser leurs coûts d’alimentation. Continuant à investir ils ont développé une activité légumière culture et négoce, ils ont continué à développer leur activité poulets de chair et en sont le premier producteur en Europe.

Ils ont aussi une centrale de biogaz utilisant la fiente de poule en milieu aqueux associée avec du maïs. Là aussi pas de pertes, le résidu est utilisé comme engrais et la chaleur chauffe les poulaillers. Un ensemble de panneaux photovoltaïques occupe les toits des poulaillers et les pistes d’un ancien aérodrome militaire Russe vont être couvertes par 180ha de panneaux (investisseur extérieur). M. Wagner l’un des actionnaires principaux nous a expliqué que la diversification devrait leur permettre de mieux résister aux crises qui secouent régulièrement le marché du poulet.

Le voyage se termina par une visite éclair de Berlin avant le retour vers la France.


Hervé Vanderhaeghe, Nord : Savoir respecter ses sols

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Agriculteur dans le Nord de la France, en Flandre Maritime, Hervé Vanderhaeghe est à la tête d’une exploitation de polyculture sur 110 ha, où se mêlent blé, escourgeon, colza, pois protéagineux, lin, betteraves et pommes de terre. Dans un secteur où les sols sont de type argilo-sableux à teneur élevée en argile, jusqu’à 40%, il convient de savoir respecter ses terres pour qu’elles expriment leur potentiel. Il y a encore 10 ans, M. Vanderhaeghe était en système conventionnel pour la totalité des cultures. (...)

JPEG - 172.4 koAgriculteur dans le Nord de la France, en Flandre Maritime, Hervé Vanderhaeghe est à la tête d’une exploitation de polyculture sur 110 ha, où se mêlent blé, escourgeon, colza, pois protéagineux, lin, betteraves et pommes de terre. Dans un secteur où les sols sont de type argilo-sableux à teneur élevée en argile, jusqu’à 40%, il convient de savoir respecter ses terres pour qu’elles expriment leur potentiel. Il y a encore 10 ans, M. Vanderhaeghe était en système conventionnel pour la totalité des cultures. Mais en 1999 les semis d’automne ne le satisfont plus. « Entre la moisson et la récolte du lin parfois tardives dans nos secteurs, et les premiers semis dès la fin septembre, le temps est parfois compté. Il n’était alors possible que de réaliser un unique passage de charrue sans déchaumage au préalable », explique M. Vanderhaeghe. Système qui ne permettait donc aucun mélange des résidus et par voie de conséquence une très mauvaise dégradation. Il a alors été décidé de semer les blés et escourgeon directement après plusieurs passages de déchaumeur. Le semoir classique a donc été changé pour un Pronto ajusté. « En effet ne labourant plus et souhaitant gagner en débit de chantier, je voulais pouvoir décompacter en semant » précise t-il. La trémie a donc été adaptée à l’avant du tracteur permettant de combiner décompacteur, herse rotative et rampe de semis à l’arrière. Système adopté dans un premier temps pour aller plus vite, il a rapidement été concluant pour des raisons agronomiques. « Auparavant j’avais des levées très hétérogènes, la profondeur de semis étant irrégulière. Les plantes implantées plus profondément étaient plus chétives au passage de l’hiver, des attaques de mouches grises sur les parcelles après betteraves survenaient fréquemment… » explique t-il. Problèmes que l’agriculteur ne rencontre plus grâce notamment à un parfait maintien en terre des éléments semeurs et au système de plombage de la graine.

Mais 5 ans après, le déchaumage n’était plus satisfaisant. « Je souhaitais pouvoir réaliser mes passages à des horizons différents mais le travail n’était pas concluant, l’outil bourrait trop facilement et j’étais limité en vitesse » précise t-il. Il a donc été décidé de tester un Terrano 4FX. « Essayer c’est adopter » dit le proverbe, et c’est bien ce qui a été fait. Et le système fonctionnait tellement bien que depuis deux ans toutes les cultures sont maintenant préparées au Terrano, exit la charrue et même le décompacteur qui finissait par « sortir des lards de terres ». « Cet outil me permet des passages de 5 à 20 cm avec un maintien parfait de la profondeur et à une vitesse moyenne de 13 km/h ». Ayant opté pour le rouleau roll-flex, il constate que le système de rappui avec une alternance de bande tassée et non tassée, permet un meilleur passage de l’eau durant l’hiver. Il conclut que « agronomiquement mon sol revit avec une meilleure activité des lombrics et des insectes comme les carabes nettement plus présents ». Enfin Hervé Vanderhaeghe tient à préciser que le non-labour est un ensemble de pratiques qu’il faut adopter tout au long de l’année, sur l’ensemble de son itinéraire, comme les pneus basse pression ou encore les bennes en bout de champ lors des récoltes. Et d’ajouter « j’ai appris à être patient pour aller sur les terres car nos types de sols associés à la pratique de non labour ne permettent aucune erreur ».


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