La société Duro vous accueilera sur son stand au SIMA 2013, au Parc des Expositions Villepinte, du 24 au 28 février 2013. Venez nombreux.

Il n’existe pas de limite à l’utilisation de l’appareil, que ce soit en méthode traditionnelle ou en techniques simplifiées, et ses avantages sont multiples : faux-semis, restructuration et nivellement des parcelles, arrachage et matraquage des chaumes, destruction par lacération des couverts vivants, enfouissement régulier des amendements et effluents organiques, semis de blé, de colza, de pois, de couverts...
La machine est équipée de trains de bêches de 540 mm de diamètre. L’axe des trains de bêches forme un angle léger par rapport à l’axe d’avancement du tracteur : il s’en suit un déplacement latéral des bêches lors de la progression de l’outil. En associant l’avancement et le mouvement latéral, la pointe de la bêche décrit un arc de cercle entre sa pénétration dans le sol et sa sortie. Il en résulte un mouvement d’arrachement en « coup de cuillère », à raison de 80 coups au m².

Ce procédé permet d’obtenir un fond de travail alvéolé en « boîte à œufs » qui a plusieurs avantages :
Absence de lissage : les trains de bêches sont en suspension sous la structure de l’appareil qui est lui-même contrôlé dans sa descente par la tête, les roues et les rouleaux ;
A la différence des dents ou des disques qui portent en continu sur le sol, les bêches en suspension du COMPIL ont une action d’arrachement et maintiennent la porosité et la friabilité des sols. Cela permet une infiltration optimale de l’eau en conditions humides (pas de ruissellement latéral) et une sécurisation de la levée des cultures en conditions sèches (connexion à la capillarité du sous-sol) ;
Les zones qui semblent non touchées par les bêches sont en fait disloquées mais gardent une bonne cohésion : cela permet le passage des engins sur les « crêtes » des « boîtes à œufs » sans création d’ornières. De plus l’absence de travail en ligne facilite la direction du tracteur au semis.
La vitesse de rotation des bêches, entraînées par appuis successifs, provoque une projection de terre et un tri densimétrique : les éléments fins retombent en premier, puis les éléments moyens et grossiers, et enfin les débris végétaux qui viennent recouvrir le tout :
La proportion de terre fine est raisonnable car le fractionnement se fait naturellement par le choc des mottes entre elles ;
Le mulch ainsi créé facilite le contact terre / résidus et par conséquent accélère la minéralisation et la décomposition ;
Le lit de semence est idéal avec un fond de travail ferme et connecté à la porosité du sol, des éléments fins assurant un bon contact sol / graine, et une couverture végétale en surface garantissant la protection du sol et la conservation de l’humidité.
Quelques données techniques :
Avec le Compil, et pour une puissance de traction donnée, la largeur de travail et la vitesse optimum de travail sont 1,25 fois supérieures à celles d’un covercrop ; cela donne pour un tracteur de 120-130 CV.
Le rapport des coefficients est de 1,56 : cela signifie que le tracteur attelé au Compil réalise environ 1,6 moins d’heures que celui attelé au covercrop. Pour un un tracteur de 130 CV réalisant 10 h de travail avec un covercrop, il ne faudrait que 6h15 avec un Compil de 5 m ; les économies portent donc sur la consommation en carburant, sur la mécanisation et sur le temps de travail.
Les différents horizons du sol ne sont ni retournés ni bousculés et la terre n’est pas déplacée horizontalement : En effet, le sol ne subissant pas d’effet de choc, il n’y a pas de séparation des éléments fins des éléments grossiers du sol, ce qui revient à dire que les différentes couches de sol restent à leur place, ne sont pas mélangées et que l’activité du sol n’est pas perturbée.
« La dent Jallu » a deux fonctions essentielles : casser avec sa pointe la semelle de labour puis, avec la partie arrière en aileron, ameublir la couche de sol traditionnellement labourée. La totalité du poids de l’outil et de l’effort de traction sont concentrés sur la pointe fine faisant office de burin et qui attaque le sol en premier, d’où une très bonne pénétration horizontale et en profondeur. Cela permet également d’éviter une consommation excessive de puissance (25 CV par dent) et une longévité accrue des pièces d’usure. Ce n’est qu’ensuite que descend la partie la plus large de la dent, celle-ci ne rencontrant plus de résistance puisque avançant dans un sol fragmenté : le nez d’accroche continue d’éclater et de fracturer le sol tandis que l’étrave en couteau facilite le passage de l’étançon. La configuration de la dent en éléments de plus en plus larges provoque la fragmentation et la remontée progressive du sol pour laisser passer l’étançon sans effort.
L’utilisation de plusieurs dents en ligne sur un même outil (perpendiculairement au sens d’avancement), provoque le soulèvement du sol sur toute la largeur de travail, formant une vague de terre montant légèrement au passage des étançons puis des ailerons : la terre est prise en chape, à l’image de briques serrées entre les mains pour être soulevées du sol, d’où un effet positif par rapport à un appareil en V ou en double rangée.
Cet outil peut intervenir tous les 3 ou 4 ans dans le cadre de la rotation, afin de sécuriser le passage de l’exploitation au semis direct. Sur une base de fissurateur sont associés des disques gaufrés qui préparent le lit de semence. L’azote est incorporé derrière la dent à 20 cm de profondeur pour forcer les racines à descendre.
Partie au début avec seulement un ensemble décompacteur-semavator, nous avons pris en 2000 un second virage avec l’arrivé d’un Unidrill pour les semis d’automne et d’engrais verts. Nous avions cependant des soucis d’incorporation d’effluents d’élevage, de limaces et de salissement de parcelle. Nous avons eut recours à une herse étrille mais qui ne convenait pas dans les fumiers pailleux.
La proximité de Mr JALLU à fait que nous avons testé un Compil pendant 1 an avant de l’acheter en 2001. Ce déchaumeur nous permet de réaliser de vrai faux semis et est équipé d’un delimbe pour des semis de petites graines. Son gabarit nous faisait peur pour notre petit parcellaire mais cette crainte s’est vite dissipée pour laisser place à un très bon mulchage de surface avec un système de rouleau arrière qui rappuie le sol favorisant la germination de toutes les graines mais aussi un bon contact sol / résidus facilitant la décomposition de ceux-ci. Les 4 rangées de bêches suffisamment éloignées permettent de « secouer » les racines des adventices rendant leurs repousses quasi impossibles , ceci nous permet de bien détruire les couverts (seigle – avoine – moutarde – navette ,…) et de diminuer fortement les doses de glyphosate (ce déchaumeur lacère les plantes sans les défolier , ce qui permet d’utiliser de faible doses (0.8 – 1 l) de glyphosate sur des plantes très affaiblies mais qui absorbe bien le désherbant (cas des repousses de colza difficile à détruire). Les 8 €/ha que nous coûte le compil sont donc en parti économisé sur le poste désherbage , mais cette outil nous sert aussi pour réchauffer par palier le sol au printemps.
Convaincu que ce déchaumeur était en faite un très bon germinateur, capable de passer dans tous types de résidus, c’est naturellement que nous est venu l’idée de semer autres choses que des engrais verts avec le compil. Les essais ont débuté en 2004 avec un semis de blé au centrifuge derrière maïs grain suivi d’un passage de compil sur une surface de 4 ha avec un résultat équivalent à notre semoir à disque (75 qtx) . Possédant un semavator qui tournait peu, nous avons adapté cette trémie pneumatique à l’avant du tracteur en bricolant une petite rampe de semis, et voilà comment on a transformé notre compil en « semoir à céréale » pour réaliser une 50e d’ha de blé en 2005. Cette ensemble nous permettra l’été prochain de semer des mélanges de couverts, graminées dans la trémie frontale et petites graines dans le Delimbe à l’arrière. Il faut cependant rester prudent sur cette technique qui peut avoir le défaut de faire trop de terre fine et qui nécessite un faux semis préalable c’est pourquoi notre semoir à disque a encore sa place dans notre CUMA pour réaliser du semis direct quand la structure le permet ou des semis sous couverts quand notre état d’esprit est prêt…
Ayant trouvé avec la société Duro un constructeur capable d’adapter ces outils à nos attentes d’éleveurs et notre climat du nord-ouest de la France, nous participons depuis 2 ans à la mise au point d’un Strip-Till . Voici notre itinéraire actuel pour les cultures de printemps :
1 à 2 passages de compil pour mulcher les résidus , réchauffer le sol et incorporer les effluents d’elevages .
Passage du Strip Till pour réaliser une fissure sous la ligne de semis avec incorporation d’engrais starter par le fissurateur à 20-25 cm sous la graine suivi de notre semoir NG+. Ces 2 années ont été concluantes avec des rendements similaires , il nous faudra cependant refaire un essai en 2006 sur une parcelle non irrigué car nous sommes persuadés que c’est dans ces conditions que la technique va s’exprimer . Ce constat vient de l’étude d’un profil cultural réaliser sur la parcelle d’essai de l’année dernière , on constate très bien les différences d’enracinements :
Le rang de gauche correspond au Strip till , on constate un système racinaire dense en surface avec de grosse racine coronaire bien ancré dans le sol , et d’autres racines qui ont plongé dans la fissure crée par la dent. Notez également que l’inter-rang n’a pas été travaillé afin de conserver une bonne portance pour les bennes , et réduit les repousses de mauvaises herbes.
Le rang de droite correspond à un décompacteur + rotalabour , on retrouve très bien non pas la semelle de labour mais une rupture de structure à 20 cm , avec des racines coronaires moins présentes mais surtout un système racinaire beaucoup moins développé .
On n’a pas remarqué de grosse différence de végétation en cours de culture , et le rendement final atteint tout de même 90 Qtx sec pour les 2 itinéraires , mais nul doute que l’écart aurait été beaucoup plus grand sans apport d’eau …
Au vu de ces essais, l’objectif actuel de la cuma est plutôt d’allonger la rotation en intégrant 1 culture de printemps tous les 3-4 ans afin d’alterner non seulement les cultures mais aussi les types d’implantation, fissurateur (maïs-tournesol-betterave), compil (cipan , céréale ou métail ), semis direct colza ou dérobé …